Le thème des "sectes" dans les débats  (chapitre 2 : 2008 à 2011)

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... télévisés et radiophoniques.

Les médias américains ont introduit deux règles dans leur relation au grand public :

La "Fairness doctrine", qui oblige les chaînes de télévision à ne pas se limiter à un seul point de vue dans la présentation d'une question publique controversée.

La "personal attack rule", qui impose aux chaînes de faire parvenir dans les huit jours une copie du programme concerné à tous ceux qui ont été nommément attaqués à l'antenne, pour qu'ils puissent se défendre.

En France, comme dans beaucoup d'autres pays, le monde de la télévision se croit généralement obligé de présenter des débats tronqués pour satisfaire à un public peu exigeant et friand de sensationnel. Un véritable débat sur les minorités spirituelles, dans un tel contexte, n'aura donc jamais lieu. 

Ces émissions sans âme, flattant les instincts les plus bas de la nature humaine, creusant sans scrupule les fossés de la division, ne peuvent pas être vues sans un pincement au coeur. Mais nous pouvons certainement y porter un regard qui contribuera à ce que l'intolérance ne soit pas la seule voix à se faire entendre. 


Émission sur Public Sénat du 11 novembre 2008 (Auroville)

Feuilleton "Plus belle la vie" 2008

Émission sur 13° Rue le 10 avril 2009

Émission sur M6 le 10 mai 2009

Émission "C dans l'air" du 3 août 2009

Émission "Ce soir ou jamais" du 19 mai 2009

Émission "Prise Directe" du 17 novembre 2009

Émission "Toute une histoire" : Ils ont été happés par une secte, comment les libérer ? 9 décembre 2010

Réponse du CSA en avril 2011 au sujet d'une émission sur « les sectes »

Émission "Toute une histoire" : J'ai grandi dans une secte, septembre 2011

Émission sur LCP : Gare aux gourous ! novembre 2011

Émission sur Arte : « Quand l'esprit guérit le corps » novembre 2011


Émission sur 13° Rue, 10 avril 2009

L'enfer des Béatitudes

Reportage de Karl Zéro

Démagogie ? Le mot est faible

Dès les premières secondes, de ce qui tient plus du show et de la fiction que de la réalité, Karl Zéro aligne les poncifs et raccourcis simplistes et surfe sur l’actualité du moment avec un culot déconcertant :  

« Si nous sommes ici devant Notre Dame de Paris, c’est pour demander des comptes à l’Eglise catholique. Qu’as-tu fait de tes talents ? Pourquoi as-tu excommunié une fillette de 9 ans (…) tout en couvrant de l’autre côté les scandales qui éclaboussent depuis des années la Communauté des Béatitudes ? (…) dérives sectaires, pédophilie, manipulation mentale (…) mouvement sectaire infiltré dans l’Eglise catholique ? … » 

Le ton est donné et ne changera guère tout au long du reportage.

La thèse développée est la suivante : au sein de la Communauté des Béatitudes, c’était « l’enfer » : des leaders ont dérivé des bons préceptes catholiques vers des pratiques « new age », « sectaires », et la manipulation mentale et ont ainsi cautionné des actes pédophiles et pousser des personnes au suicide. 

Le lavage de cerveau, le viol psychique et les « faux souvenirs induits » seront aussi mentionnés et Georges Fenech fera une courte apparition pour dire entre autres qu’il y a effectivement dans cette communauté une emprise mentale « contraire au fonctionnement de l’Eglise catholique ».Un positionnement pour le moins ambiguë de la part du président de la MIVILUDES organe officiel de ltat laïque français. 

L’essentiel du reportage est constitué des interviews d’anciens membres « repentis » de la communauté. Interviews sans trace de contradictoire.

Aucune interview de personnes présentant une opinion favorable à la Communauté des Béatitudes.  

Le suicide d’un jeune homme est longuement évoqué.

On apprend au fil des interviews, mais ça n’est bien entendu pas souligné par l’enquêteur, que le suicide a eu lieu bien après que le jeune homme ait quitté la communauté. On apprend aussi qu’étant donné son état psychique, les responsables avaient un temps refusé de l’accepter et qu’il n’avait été réintégré pour son dernier séjour qu’après avoir supplié de pouvoir revenir.

Aux yeux de l’investigateur, ces éléments ne disculpent en rien les responsables de la communauté, mais prouvent au contraire l’étendue de l’emprise mentale exercée. 

D’anciens membres, adultes et volontaires, se plaignent de pratiques d’exorcisme, d’avoir dû jeûner et prier la nuit, de n’avoir pas eu assez à manger. D’anciens responsables dénoncent de supposées dérives auxquelles ils ont participé. Tous manipulés, tous victimes de la « manipulation mentale » exercée par « les sectes », y compris l’Eglise catholique, abusée et infiltrée. 

Y aurait-il un exercice illégal de l’exorcisme ?

Oui, si l’on en croit Karl Zéro qui affirme : « En France, l’exorcisme est légal à condition qu’il soit pratiqué par un prêtre ayant reçu le mandat d’un évêque. »

Si l’on en croit le site Légifrance, le service public de la diffusion du droit, le mot exorcisme est absent des différents codes en vigueur en France. 

Pour conclure, il nous faut constater que « les sectes » ont fait une fois encore office de bouc émissaire et de faire valoir d’un journalisme à sensation dont l’avidité et le cynisme sont un des reflets les plus cruels de notre époque. 

Le frère Pierre-Etienne s’est dénoncé lui-même à la Justice en 2008 pour des actes de pédophilie. Dans l’attente de son procès, il est en liberté surveillée. Plusieurs plaintes pour non dénonciation des actes de ce frère ont été déposées. L’information pourrait s’arrêter là, dans une société respectueuse des libertés individuelles, de la présomption d’innocence, de la vie privée des citoyens, et consciente de la nécessaire sérénité de la Justice. 

Voir également notre article sur la Communauté des Béatitudes


« Enquête exclusive » M6, 10 mai 2009

«Chamans, gourous, nouveaux sorciers, nouveaux dangers»

Présenté par Bernard de la Villardière

Quelques jours avant la diffusion, on pouvait lire sur le site de la chaîne : Enquête sur les nouvelles quêtes physiques et spirituelles, et sur leurs éventuelles dérives. Il semble que  les chaînes communiquent avec beaucoup de « prudence » quand elles préparent une émission sur « les sectes », la présentation de leur sujet n'est pas complètement dévoilée. C'est certainement ainsi qu’elles arrivent encore à piéger ou séduire des thérapeutes ou des membres de nouvelles spiritualités qui ,une fois sur le plateau, ou au moment de la diffusion quand l’émission n’est pas en direct, se sentent trahis et impuissants à sauvegarder leur image et leur réputation. La 3ème partie du film 120 mn pour la liberté spirituelle éclaire ce « côté obscur » (les coulisses) des médias, notamment sur le procédé de réalisation et de montage d'une émission de télévision. À partir des enregistrements et d'une mise en scène orientée, la manipulation du son, des paroles et des images, permet de créer un effet subjectif, le but étant de stimuler et d'accrocher le  téléspectateur, quitte à simplifier jusqu'à la caricature voire à déformer intentionnellement un propos ou une information. On le sait, bien sûr, mais on peut encore en être dupe !

Pour avoir un peu de recul sur ce genre d'émissions particulièrement bien « ficelées », il peut être bon de couper le son ou l'image. Je me suis, pour ma part, attaché dans un premier temps à n'écouter que le commentaire.... Ce qui est alors frappant, c'est la construction de l’intrigue par le commentaire de la journaliste. Chaque mot est choisi pour mettre en scène un scénario prédéfini : « Quelque part, des personnes peu scrupuleuses vous veulent du mal. Elles sont organisées et profitent de votre fragilité pour vous nuire ». Entrent alors en scène les sauveurs (antisectes), désignant ce qui est fragile d'un côté et, d'un autre, ce qui est malveillant. A partir de là, les « sauveurs » s'organisent au nom du « Bien » pour combattre le « Mal ».

Le rythme est soutenu, jusqu'à l'obsession, et j’ai rapidement été écœuré devant l'irresponsabilité et la fausseté de la manœuvre. Au point d'être incrédule devant ce que j'entendais : une parodie de journalisme…sans l’image. Parce qu’en regardant l’émission « normalement » (son et images), le doute m’a envahi à nouveau, la manipulation ne semblait plus si évidente. J’ai recommencé sans l’image, puis avec l’image à nouveau et c’est soudain devenu une évidence : l’image, même si je la sais manipulée par le montage, par les coupes effectuées, par les raccourcis, me paraît plus lisse, plus facile à « avaler » que le propos lui-même : elle rend mon cerveau docile. L’image fait « passer » le commentaire, quel qu'il soit.

Fin de l'émission, où le présentateur remercie l'UNADFI et autres associations de lutte contre les « manipulations sectaires », pour leur noble travail.

Une image me vient alors :

Une image du Moyen-âge où on dit aux villageois : « Voyez que ça ne pousse pas dans ce champ, malgré votre dur labeur »,  « Voyez la vilaine sorcière qui vit à côté dans sa masure … »  Et le tour est joué, il n’est pas nécessaire d’en dire plus.

Conte maléfique d’hier et d’aujourd’hui…

On désigne la victime et l'objet de la souffrance et on désigne ce qui fait le mal, par son caractère étrange, sa marginalité, sa différence. On fabrique ainsi un coupable qui nous délivre du mal en nous distrayant ou en focalisant la haine. Un mot, un nom, une image, une silhouette vient contenir le besoin de vérité du spectateur. Vérité  dont on croit à tort qu’une fois démaquillée, elle serait trop peu intéressante pour le « grand public », auquel il serait peut-être temps de rendre sa « grandeur » et son libre arbitre.

Il serait temps de songer à l'émancipation des médias dont le rôle n'est pas de se faire le porte-parole d'un seul discours, ni d’être les esclaves de l’audimat mais bien d'être témoin impartial, objectif et indépendant de toutes les croyances et de tous les pouvoirs, pour orchestrer le débat avec un minimum de recul et de curiosité. 

 

On peut lire sur ce blog des témoignages dignes d'intérêt à la suite de cette émission.


« C dans l'air », France 5, 3 août 2009

150 000 témoins de Jehovah se réunissaient dans diverses villes françaises, le week end du 1er août 2009 (La Croix). Le numéro de C dans l'air du 3 août 2009 sur France 5, présenté par Thierry Guerrier et intitulé "Secte ou pas secte !", s'appuyant sur cet événement, proposait une analyse de "la différence entre les mouvements sectaires et dangereux et les vrais cultes". Les invités étaient : Georges Fenech, président de la MIVILUDES, Jacques Miquel, président du CCMM, une association antisectes, Jacky Cordonnier, historien des religions et membre du conseil d'orientation de la MIVILUDES, Nicolas Jacquette, ex Témoin de Jéhovah devenu apostat.

Les Témoins de Jéhovah, ayant pris connaissance de la composition du plateau ont décliné l'invitation à participer à l'émission. Après trois décennies de lynchage médiatique à l'encontre des minorités spirituelles, il est surprenant de voir des journalistes s'étonner du refus de participation de ces mêmes groupes à de faux débats, d'emblée déséquilibrés par la constitution même des plateaux.  

Cette émission a donc été une tribune libre pour des activistes antisectes organiques. Reconnaissons à Thierry Guerrier d'avoir posé quelques questions pertinentes - contrairement à sa précédente émission sur le sujet qui avait été des plus décevantes (C à dire) -. Il a notamment demandé au président de la MIVILUDES si le rejet appuyé des Témoins de Jéhovah par la population dans certaines régions (notamment à Deyvillers) ne s'apparentait pas à une forme de racisme. Georges Fenech a reconnu qu'il pouvait y avoir en effet des discriminations à l'œuvre.  

Néanmoins, et l'échange mentionné ci-dessus mis à part, ce type de débat avec un plateau complètement partial, de plus en présence du responsable d'un organisme d'Etat, nous parait être la pire forme de journalisme qui soit puisque seules certaines questions sont contradictoires et donnent l'illusion d'un équilibre de bon aloi ; les réponses des interlocuteurs vont toutes dans le même sens et permettent d'asséner la pensée unique sur la question des sectes, à quatre voix dans le cas présent, ne laissant aucune place à des réflexions alternatives.  

Georges Fenech a notamment indiqué que la MIVILUDES réunissait "2 fois par mois l'ensemble de la société civile qui vient dire ce qu'elle pense et fixer les objectifs". Si Thierry Guerrier avait eu une meilleure connaissance du dossier, il aurait pu demander à Georges Fenech pourquoi les contributions d'une association comme le CICNS sont ignorées, de même que celles des sociologues des religions et de bien d'autres acteurs sociaux

La conclusion de l'émission, quant à elle, se passe de commentaires. Jacques Miquel a fait allusion au référentiel des sectes de la MIVILUDES : "Il a été question à un moment d'un référentiel sur les mouvements à dérives sectaires et j'ai entendu qu'il ne serait malheureusement pas donné au public, j'aimerais faire remarquer une chose qui m'étonne quand même beaucoup : dans ce pays personne n'a l'idée d'aller aux champignons sans une flore et croyez-moi, je suis mycologue amateur, les mouvements à dérives sectaires, c'est bien plus toxique que les champignons". Réponse de Thierry Guerrier : "Donc vous voulez une liste comme il y a une liste des mauvais champignons; on a compris votre appel ". 

Nous proposons à Thierry Guerrier de consulter notre documentaire "120 minutes pour la liberté spirituelle" en trois parties (Partie 1, Partie 2 et Partie 3), le troisième volet traitant plus particulièrement du rôle des médias. Le CICNS est prêt à apporter sa contribution à tout dossier équilibré et factuel sur la question sectaire. La situation est telle qu'un retour à l'équilibre dans le débat ne pourra s'effectuer qu'en laissant, dans un premier temps, un espace dédié et suffisant à l'exposé de réflexions alternatives. Mais le temps médiatique le permettra-t-il et l'ouverture d'esprit nécessaire sera-t-elle au rendez-vous ? Ces questions sont posées à la rédaction de France 5. 


« Ce soir ou jamais »

« Sectes, contre quoi lutte-t-on ? » 19 mai 2009

L’émission visible sur Youtube 

Lors de cette émission, Georges Fenech, président de la MIVILUDES, entouré de personnalités éduquées et difficilement manipulables (sociologues en particulier), a ce moment de lucidité : « Moi, je m’interroge tous les jours : quelle est ma mission, quel est mon domaine de compétence ? Est-ce que je ne vais pas au-delà de ce qui est ma mission ? Est-ce que je ne vais pas porter un jugement de valeur sur des croyances ? ». Le CICNS a une réponse à lui donner, s’il s’interroge sincèrement et s'il est disposé à se remettre en question.

M. Fenech, face à des personnes compétentes posant des questions essentielles, les contourne, jouant des seuls atouts dont il dispose, ceux de l’émotion et de la peur : « Il y a de la souffrance, vous le savez, il y a des français qui nous écoutent et qui souffrent ». Lorsque Nathalie Luca, sociologue, évoque par exemple le contexte historique du Temple du Peuple à Jonestown, il l'interrompt plusieurs fois pour répéter le nombre des morts. Olivier Bobineau, sociologue, lui fait remarquer qu’il donne des arguments pour susciter l’émotion (« Le registre émotionnel… »), que cela n’est pas juste, qu’il faut travailler sur les faits et qu’étant empêché de le faire, il avait dû quitter la Miviludes (« Si je n’ai plus les moyens d’administrer la preuve et les faits, que je pose trop de questions, que je suis trop embarrassant… »). Georges Fenech en fait d’ailleurs une démonstration flagrante quand il fait semblant d’interroger M. Bobineau sur les écrits des Raéliens mais qu’il l’empêche pendant plusieurs minutes de répondre, en martelant des termes potentiellement effrayants. Quand le sociologue est finalement autorisé à répondre, il rétorque que si on doit faire attention à tout ce qui est dit, pensé, écrit mais « qui n’aboutit pas dans les faits », nous en arriverons à « une police des esprits et des écritures » et qu’il n’y aura « demain, plus aucune pensée » possible. Frédéric Taddei l’interroge pour résumer sa position : « Vous voulez qu’ils soient condamnés sur des faits et pas sur des écrits ? ».

Vincent Ravalec, écrivain, apporte la touche de bon sens et de tolérance la plus claire dans ce débat : « Il faut garder sa curiosité et sa capacité d’émerveillement. Des missions (comme la Miviludes) se doivent de châtier les vilains. Mais je voulais vous poser une question : est-ce que vous avez rencontré des sectes où tout le monde s’éclate, des bonnes sectes en gros ? Des gens qui sont heureux ? »  Georges Fenech répond : « Probablement la majorité, grâce à dieu. Mais celles-ci ne m’intéressent pas ».

Au CICNS, par l’attention que nous avons sur les minorités spirituelles de notre pays, nous pouvons confirmer que « grâce à dieu » le président de la MIVILUDES ne « s’intéresse pas » aux groupes heureux mais que son « désintérêt », qui pourrait être une attitude laïque saine, ne l’empêche pourtant pas d’organiser des « descentes » dans leurs lieux de vie sans autorisation légale, même quand ses occupants n’ont rien à se reprocher (voir le Moulin des Vallées).  

L’émission de Frédéric Taddei est conduite avec intelligence et bien que le nombre d’intervenants soit trop important pour que chacun puisse aller au bout de sa pensée, le débat était de bonne qualité. Nous y constatons d’autant mieux l’ambiguïté du président de la Miviludes qui est contraint d’afficher publiquement un respect des principes fondamentaux d’une démocratie tout en jouant sur le registre émotionnel… dans un « combat face aux dangers de l’irrationnel » censé être justement rationnel. La confrontation avec les sociologues n’est pas à son avantage car il cherche constamment sur quel pied danser en fonction de la menace à ses thèses que représente son interlocuteur.

Comme ceux-ci lui ont rappelé de façon très convaincante : il y a beaucoup de gens heureux dans les minorités spirituelles, la MIVILUDES ne travaille pas sur des faits mais sur l’émotionnel, et cette mission gouvernementale est en train de se transformer en police de la pensée.


« Prise Directe » France 2, 17 novembre 2009

Présentée par Béatrice Schönberg

Notre analyse en vidéo Adsl ou bas débit

Le docteur Guéniot est un médecin qui fut accusé d’être responsable de la mort d’une jeune femme puis blanchi par la Justice après 14 ans de lynchage médiatique et antisectes. Alors que ce médecin est maintenant décédé, cette émission n’hésite pas à le calomnier à nouveau au milieu d’un déballage antisectes primaire comme la télévision sait nous en offrir depuis deux décennies. Notre clip vidéo donne un aperçu de la désinformation et de la calomnie impunément pratiquées aujourd'hui. 

 

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