Communiqué de presse du Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités (CICNS)

Après le projet de liste noire des sectes, un autodafé de livres ?

 

Montpezat de Quercy - 20/03/2009 - 9h45 (CICNS)  

 

Le 10 février 2009, le Journal Officiel publiait une question du député UMP Didier Robert : "A propos des sectes, [Monsieur Didier Robert] souhaiterait connaître les mesures envisagées pour contrôler et empêcher la diffusion, la publication et la mise en vente libre sur le territoire national et sur l'Internet francophone d'ouvrages édités ou écrits par des personnes identifiées comme appartenant et promouvant ces mouvements sectaires".

 

Certains propos doivent être relus deux fois, tant leur excès donne à la première lecture un sentiment d'irréalité. La presse révélait, dans la même période, le projet de Georges Fenech de publier une nouvelle liste de sectes. Le thème des sectes est celui de tous les égarements en France et l'extrémisme des propositions qu'il suscite est proprement consternant. Ainsi donc, les critères non juridiques et ambigus qui permettent à la MIVILUDES, à certains parlementaires et aux associations antisectes de désigner à la vindicte populaire n'importe quel citoyen ou groupe de citoyens qui leur déplaisent, pourraient également servir à interdire leurs ouvrages. La Cour Européenne des Droits de l'Homme semble être le dernier rempart contre de telles dérives en France et la détermination de certains responsables à proposer des mesures qu'ils savent contrevenir à la loi européenne, mérite réflexion.

 

À toutes fins utiles, rappelons à Monsieur Didier Robert que le dernier Index tristement célèbre, celui de l'Église catholique, a été abandonné en 1966. Il aura donc fallu attendre quatre siècles pour se débarrasser d'une pratique navrante à tous égards. Peut-être Monsieur Didier Robert a-t-il de la suite dans les idées : prévoit-il par exemple un autodafé en place publique pour détruire tous les livres déjà en circulation ?

 

Ces propos d'un autre âge, comme toujours quand il s'agit de "sectes" (voir les nombreux dérapages verbaux de Georges Fenech restés sans commentaires), n'ont été suivis d'aucune réponse critique de la part du milieu intellectuel, politique ou médiatique. Cette torpeur intellectuelle s'accompagne de facto de beaucoup d'indifférence et de mépris pour des centaines de milliers de personnes dont les choix de vie sont constamment dévalorisés par l'appellation de "secte".

 

Le CICNS déplore que des parlementaires s'autorisent de telles déclarations et invite les acteurs sociaux à susciter une réflexion saine et équilibrée sur la place des minorités spirituelles en France.

 

Contact : Service Presse du CICNS - Denis Mathieu - 06 34 11 49 58 - Presse@cicns.net - http://www.cicns.net

 

 

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