MIVILUDES Rapport 2007

 

L'analyse de Michel de Courtelle (membre sympathisant du CICNS)

michel.de.courtelle@hotmail.fr

 

Du nouveau dans le rapport MIVILUDES 2007.

 

Même si la MIVILUDES demeure encore un organisme largement incompétent pour étudier les mécanismes sectaires définis dans son champ d’application, elle évolue quelque peu dans l’expression de son rapport annuel 2007.

 

Les évolutions dans la globalité du rapport

 

Un rapport déjà moins volumineux [233 pages soit –23% par rapport à 2006 ; (115 pages en 2004, 172 pages en 2005, 304 pages en 2006)]

 

Un rapport où l’introduction et la conclusion du Président de la Miviludes ressemblent plus à une longue plainte tournée vers ses détracteurs de plus en plus nombreux et argumentés, qu’à un texte prônant la mise en place d’axes de progrès cohérents, concrets, planifiés et coordonnés.

Est-ce le signe d’une lassitude, d’un futur départ du titulaire, ou celui d’un changement de ton dans la manière d’aborder les mécanismes sectaires ?

Nous souhaitons que cette troisième version l’emporte, et analysons ce rapport de façon positive et constructive pour préparer la France à un autre avenir, en étant à la fois plus conscient des réalités à encadrer, et à la fois plus ouvert aux nouvelles créativités spirituelles et thérapeutiques, fruit de la diversité humaine.

 

Certes, comme l’an dernier le rapport met en évidence que la MIVILUDES et les équipes qui s’y rattachent emploient eux-mêmes la totalité des mécanismes sectaires existants (cf. Annexe 1).

Peut-on s’arroger le droit de juger quelqu’un dans un domaine lorsqu’on est soi-même à l’index ? Certes non. Donc, la MIVILUDES devra encore faire preuve de courage pour nettoyer ses propres élans sectaires et balayer devant sa porte.

 

Certes, comme l’an dernier, le rapport est tout aussi indigent, utilisant nombre d’amalgames, de jugements de valeur, de généralisations abusives, de manipulations mentales.

Mais ceux-ci sont en forte baisse (-42% d’amalgames, de jugements de valeurs et de généralisations abusives, -54% de manipulations mentales).

 

De plus les abus de position dominante ont quasiment disparu au profit d’une vision paranoïaque sociétale manifeste (cf. Annexe 2). 

La MIVILUDES , qui n’est censée émettre que des documents factuels, des documents qui ont été vérifiés à la source, se doit de poursuivre ce chemin de rigueur et d’objectivité. Cette analyse va y concourir.

 

Certes comme l’an dernier, le rapport contient nombre de propos induisant un questionnement sur la compétence des équipes d’étude de la MIVILUDES (cf. Annexe 3).

Une fois encore il y a l’absence d’une recherche scientifique dans les domaines pointés comme sujets à des dérives sectaires. La recherche devrait être en général sous la responsabilité d’un état et d’un gouvernement et non sous celle de quelques individus isolés. D’autre part, une collaboration avec les universitaires français reconnus, traitant de cette thématique sur un plan expérimental, ne semble toujours pas à l’ordre du jour (ethnologues, anthropologues, historiens-sociologues du fait religieux, avocats spécialisés en matière de liberté spirituelle, etc…). Pour quelles raisons écarte-t-on volontairement les universitaires compétents ?

 

Certes comme l’an dernier, le rapport s’avère aussi exempt de preuves tangibles et de résultats avérés sur les phénomènes stigmatisés.

La disproportion entre l’acharnement suspicieux sur le mythe de la secte criminogène et la réalité du phénomène observé reste très flagrante. En procédant ainsi, en bloquant ou empêchant toute étude et recherche sérieuse sur le sujet, la MIVILUDES fait en réalité le jeu de véritables mouvements déviants et favorise leur développement.

 

Certes comme l’an dernier, la MIVILUDES et tout le dispositif étatique adjacent renforcent les actions de renseignement et d’intervention quasi-exclusivement en direction des thérapies alternatives et des formations professionnelles dispensées autour de ce thème (les ¾ des cas cités, cf. annexe 4).  

Certes, une commission d’enquête parlementaire a enquêté sur « l’influence des mouvements à caractère sectaire et les conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs ». Cependant elle n’a pu mettre en évidence que trois cas, qui plus est non délictueux d’enfants en danger sur un plan éducatif (cf. analyse du rapport MIVILUDES 2006). Cela n’a pas empêché la MIVILUDES de coordonner avec les parlementaires du groupe d’étude sur les sectes, un ensemble de 50 nouvelles mesures à destination de l’éducation des enfants, sans même avoir pris le temps de faire une réelle étude chiffrée avec statistiques à l’appui. Où sont leur utilité et leur efficacité d’application ?  

Certes, comme l’an dernier la MIVILUDES attaque avec parti-pris les deux seules associations indépendantes sur la liberté de conscience ou les minorités spirituelles (le CICNS et la CAPLC , cf. annexe 4), qui font un immense travail d’information du public, et de collaboration avec les universitaires français du domaine (cf. extrait du colloque de Sept 2007 sur le site du CICNS). Alors même que la MIVILUDES rappelle dans ce rapport 2007 (p184) que « Ce ne sont pas des mouvements spécifiques qui sont sous surveillance, mais des types de comportements irrespectueux des lois et règlements ou troublant l’ordre public ». Cette attaque témoigne du malaise ambiant qui finira par isoler totalement la MIVILUDES et l’administration française de la société, probablement en moins de deux ou trois ans maintenant.  

Il serait impératif que la MIVILUDES tienne compte du contradictoire dans tout jugement sur les mécanismes sectaires, comme c’est de rigueur en matière judiciaire, et s’ouvre ainsi aux arguments de ceux qui, avec de bien plus faibles moyens que la MIVILUDES , travaillent sereinement à la sauvegarde de la liberté de conscience, de croyance ou de pratique religieuse, spirituelle ou thérapeutique. C’est à cette seule condition que la MIVILUDES verrait converger vers elle un réseau de personnes compétentes.  

Certes, comme l’an dernier le rapport 2007 contient une fois encore les mêmes types d’arguments irrecevables particulièrement en provenance des services de Renseignements Généraux. Une lecture vigilante permet de faire 6 à 7 fois plus de remarques dans la partie du rapport concernant le Ministère de l’Intérieur que dans le reste du document (cf. Annexe 2).

Force est de constater une mauvaise foi et une incompétence manifeste.

 

Certes, comme l’an dernier la conclusion du rapport ne signale aucun axe de progrès pour les années suivantes, et se limite à une simple conclusion politique, ce qui est aisément compréhensible pour un rapport vide de résultats significatifs.

 

Tout cela n’est ni compatible ni acceptable avec la mission que les citoyens attendent d’un tel organisme financé sur les deniers des contribuables.

 

Car, tout français est en droit de se demander jusqu’où ira la désinformation intentionnelle de nos concitoyens, et l’amplification du phénomène de peur afin de mieux les manipuler ?

Il peut se demander aussi jusqu’où ira l’aveuglement de nos concitoyens qui cautionnent ce type d’organisme, ce type de méthode de travail, ce type d’individus finalement peu respectueux des droits fondamentaux des êtres humains et du vivant ?

Il est en droit de se demander enfin jusqu’à quand nos hommes politiques feront semblant de se positionner sur ce sujet aussi crucial pour l’expression de la vitalité des peuples ?

 

Faudra t-il que la société civile elle-même organise toute seule un débat citoyen telle qu’une Commission d’Enquête Citoyenne, ou mette en place un Observatoire sur la spiritualité réunissant les vraies compétences en la matière ?

 

De plus en plus de citoyens sont ouverts et conscients d’autres réalités, et savent pertinemment que la vision de la MIVILUDES est obsolète.

Alors, voyons à l’aide de ce rapport comment aider cet organisme à effectuer sa mutation.

 

Le lecteur peut rapidement s’apercevoir, avec discernement que le rapport 2007 est très hétérogène dans son contenu, malgré certaines évolutions.

 

Les évolutions dans le contenu du rapport

 

Le rapport 2007 commence à présenter des dossiers étudiés de façon plus précise, plus factuelle et documentée (les sujets sur le satanisme, les plantes hallucinogènes, les constellations systémiques et les réseaux de vente multi-niveaux ont l’avantage de poser un peu mieux le problème que par le passé).

 

Néanmoins, la MIVILUDES doit faire l’effort de chercher la cause des phénomènes qu’elle étudie, de cerner la motivation réelle des auteurs, plutôt que de plaquer la sienne dessus comme elle a trop souvent l’habitude de le faire jusqu’à présent.

 

Par exemple, le sujet du satanisme est bien étudié par de nombreux sociologues. Ces derniers montrent qu’il existe un besoin d’initiations ésotériques pour aller vers un mieux-être, que la MIVILUDES n’a pas perçu. La réalité du satanisme consiste la plupart du temps à employer des rituels exotériques, par nature déviants car non ésotériques.

Pourquoi ne pas bien faire la différence entre ce qui est ésotérique et ce qui est exotérique ?

Pour cela, il faudrait que les équipes de la MIVILUDES aient une compétence en matière de processus initiatiques ésotériques, ce qui n’est actuellement pas le cas.

 

Par exemple, sur le sujet du chamanisme avec prise d’hallucinogènes, l’histoire montre que l’être humain éprouve le besoin de voyager dans d’autres réalités de la conscience. C’est d’ailleurs aujourd’hui bien objectivé par les sciences médicales, cognitives et psychologiques (exemple du congrès international sur l’expérience de mort imminente à Martigues en Juin 2006). La prise de produits chimiques issus de plantes comporte un danger réel au niveau neuronal, en même temps qu’elle ne permet souvent qu’une fuite artificielle d’une réalité devenue difficile à supporter.

Pourquoi ne pas différencier les voyages en expansion de la conscience effectués tout simplement en état de relaxation, parfois avec l’utilisation de musiques et de sons, de ces voyages avec prises de produits toxiques pour l’organisme ?

Pour cela, il faudrait que les équipes de la MIVILUDES aient une compétence en matière de techniques d’expansions de la conscience, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

 

Par exemple, sur les constellations systémiques et familiales, de nombreux êtres ressentent le besoin de faire un travail de développement transpersonnel, et transfamilial pour aller vers un bien-être durable sans contreparties négatives pour leur entourage. Or, il s’avère que certaines thérapies sont axées uniquement sur un développement personnel ou familial qui ne permet qu’un mieux-être temporaire.

Il faudrait que les équipes de la MIVILUDES aient une compétence en matière de développement transpersonnel, ce qui n’est pas le cas, comme nous le verrons en abordant dans le détail la partie du rapport sur les « faux souvenirs ».

 

Par exemple, sur les réseaux de vente multi-niveaux, on note un besoin naturel de créer de nouvelles manières de générer une abondance solidaire dans notre société, à un moment où le système économique mondial menace de s’effondrer. Or, nombre de systèmes de vente multi-niveaux sont bâtis de manière à être profitables à court terme au seul profit de ceux qui les promeuvent, et sont donc en final en défaveur des générations futures.

Il faudrait que les équipes de la MIVILUDES aient une compétence en matière de nouvelles façons de créer de l’abondance économique à l’image du système ancestral de tontine de l’Afrique, créé à partir d’une approche fraternelle des échanges et établi sur la base d’un travail de développement transpersonnel de chaque porteur de créativité nouvelle.

 

Le rapport 2007 de la MIVILUDES analyse de façon erronée et lacunaire un mode thérapeutique, dit des « faux souvenirs ».

Ce domaine regroupe l’ensemble des 4 compétences manquantes que je viens de citer, initiation ésotérique, expansion de la conscience, psychologie transpersonnelle, nouvelle tontine économique d’échange.

Nous allons développer une contre-analyse de la partie du rapport sur les faux-souvenirs, tant il met en évidence les lacunes de la MIVILUDES.

 

Compte-tenu des domaines d’ignorance de la MIVILUDES et des équipes associées, il apparaît incontournable qu’un jour ces organismes aient à se tourner vers les vraies compétences, au risque de se scléroser de plus en plus dans ce que Raphaël Liogier, président de l’Observatoire du religieux, appelle « un totalitarisme à la française avec une laïcité fondée sur l’arbitraire ».

 

Or, ces compétences ont depuis quelques années convergé autour du Centre d’Information et de Conseil sur les Nouvelles Spiritualités CICNS, où l’on retrouve un point de vue bien argumenté sur l’observation des phénomènes en jeu, en particulier en matière de sectarisme.

 

Il faudra bien qu’un jour la MIVILUDES se rattache aux experts en sciences sociales, tels les sociologues, les historiens des religions ou les ethnologues, aux juristes experts spécialisés en matière de discrimination religieuse, tels certains avocats, aux spécialistes dans le domaine des nouvelles psychothérapies, aux dirigeants de mouvements spirituels minoritaires, aux personnalités reconnues pour leur réflexion et leur compréhension de notre société et de la conscience (philosophes, écrivains), aux organismes indépendants observant les phénomènes en jeu (CICNS par ex).

 

CAS PARTICULIER DES FAUX SOUVENIRS

 

Ce qui est dit de manière exacte dans la partie du rapport traitant des faux souvenirs :

Quand le souvenir n’est pas issu d’une expansion personnelle de la conscience de la personne, mais plutôt le fruit d’une analyse du thérapeute, d’une induction ou d’un récit occulte ramené par ce même thérapeute, on est bien face à un mécanisme sectaire.

 

Quand le souvenir ramené par la personne est interprété ou codifié d’une façon ou d’une autre par le thérapeute, on est bien dans un mécanisme sectaire.

 

Quand il est évoqué que le souvenir peut être « le fruit de l’imaginaire résultant d’un fantasme de la personne qui a remplacé inconsciemment un fait dans la mémoire », c’est erroné, car la pratique montre que chacun ramène des expériences propres, cohérentes avec son mode de pensée, même si l’information mémorielle est issue d’un schéma culturel particulier imprimé dans sa plus tendre enfance. Ce qui est ramené par la conscience a un sens, même s’il peut temporairement être caché aux deux, le thérapeute et le patient.

 

Quand il est dit que le souvenir est une expérience déformée par la mémoire du sujet, c’est exact, car personne ne voit une même scène de la même façon. De là à prêter à cette déformation le sens déviant que la MIVILUDES donne, non. C’est un jugement de valeur irrespectueux à l’encontre des perceptions mémorielles du patient.

 

Quand la notion de « faux souvenirs de maltraitance, de viols, d’incestes » est évoqué (p 40) sans qu’il soit mentionné dans le rapport comment et qui remonte ce souvenir, il y a abus de langage et risque de manipulation mentale de la MIVILUDES , incitant à faire croire que tous ces souvenirs seraient faux, alors qu’il y en a de vrais. Il importe de respecter les souffrances réelles des patients.

 

Quand il y a induction par un thérapeute de faits d’abus sexuels (p 47), c’est un cas de dérive sectaire.

 

Quand la description d’une scène par des images n’est pas accompagnée par des sensations corporelles significatives (p 48), le thérapeute se doit d’être vigilant. En effet, vu le niveau d’énergie, tout traumatisme fort, du type de ceux évoqués dans le rapport (incestes, viols, expériences sataniques par exemple), passe par une mémorisation corporelle, lieu de stockage d’une énergie colossale en ce point. C’est même cette localisation corporelle de la douleur qui est bien souvent le point d’entrée de la démarche thérapeutique. En tout cas, cette énergie piégée a besoin d’être « extraite » pour que l’individu ait accès au réel bien-être. Donc, en rester à une description visuelle est tout à fait insatisfaisant pour conclure à la validité du vécu de la personne victime, et permettre la libération totale du traumatisme.

 

Quand la notion de faux souvenirs de vies antérieures est évoquée (p 40), chacun peut se demander où est la compétence des thérapeutes pour savoir si ce souvenir est vrai ou faux. Des sceptiques voudraient ainsi nous faire croire que tous les souvenirs de vies antérieures sont faux. Même si le christianisme a enlevé cette notion, existante avant le concile de Constantinople II en 553, par un vote à une voix près, il semble sectaire de sous-entendre ou de prétendre que de tels souvenirs n’aient aucune valeur. Sachant tout ce qui reste encore inconnu aujourd’hui dans le domaine de la conscience et de la mémoire, malgré les progrès indéniables réalisés en neurosciences ces dernières années, une attitude humble et respectueuse semble indispensable avant de porter un jugement rédhibitoire sur des souvenirs enfouis remontant à la surface. Ceci n’exclut pas un discernement évident pour différencier ce qui peut être, dans certains cas, de l’ordre de la fabulation pathologique.

 

Quand la notion de faux souvenirs sur des enlèvements par des extra-terrestres (p 40) est évoquée, même réflexion que précédemment. Où est la compétence des thérapeutes pour déterminer la validité de ce souvenir ?

 

Voilà pourquoi la définition adoptée pour les faux-souvenirs (p 40) ne peut pas être retenue si l’on veut avoir une attitude scientifique objective, car l’amalgame y est omniprésent, entraînant une suspicion pour ce type d’approche.

 

En reprenant les travaux actuels des neuropsychologues et des psychologues cognitivistes sur les fausses mémoires et la mémoire épisodique (Tulving), nous pouvons faire plusieurs remarques. Pour ces chercheurs, les « fausses mémoires » non induites par une personne extérieure, ou même non suggérées selon la formulation des questions posées par le thérapeute qui accompagne, peuvent être classées en trois catégories : les distorsions de mémoire, les fausses reconnaissances ou faux rappels, les illusions imaginatives.

Les distorsions ou erreurs de mémoire font partie inhérente de la nature humaine qui a tendance à reconstruire son passé, et ce d’autant plus que la personnalité du sujet est morcelée et empruntée à son modèle familial extérieur, au lieu que ce soit sa véritable personnalité unifiée qui s’exprime (Barlett, Estes, Moscovitch, Schachter). Les distorsions de mémoire s’ancrent sur un vécu réel, et sont déformées ou modifiées par soi-même ou par la suggestion de « tiers de confiance ». Plus le vécu aura consisté en une expérience nouvelle, ou plus la partie du vécu aura été encodée dans le corps par une sensation physique, une émotion forte, moins le fait comportera d’inférences distorsives, alors que des circonstances visuelles externes, des détails, des aspects familiers autour de ce fait pourront être déformés ou reconstruits.

 

Les fausses reconnaissances seront liées à la nature de l’encodage de l’information (voir expérience des « leurres critiques » et des « distracteurs » de Roediger et Dermott). Si l’encodage est spécifique, précis, exigeant, focalisé, la reconnaissance sera juste, contrairement à une information encodée de façon neutre, légère, laxiste et floue (Shodgrass et Corwin).

 

Les illusions imaginatives, qui sont des mémoires supputées réelles, sont le fait d’actions neutres ou purement imaginatives. Leur restitution pourra être équivalente si l’on s’en tient uniquement à la validation mentale du patient (Goff et Roediger).

 

Le point commun pour aider les patients à distinguer eux-mêmes les faux souvenirs des vrais, repose sur l’ancrage de la mémoire dans la partie reptilienne instinctive de l’individu, et non seulement dans sa partie limbique ou corticale. C’est donc au patient et non au thérapeute de sentir cette véracité, car il a été montré jusque là par ces scientifiques qu’aucun expert extérieur à l’événement ne peut différencier un vrai souvenir d’un souvenir créé par suggestion. La vigilance et l’humilité sont donc de mise, par rapport aux mémoires uniquement visuelles, conceptuelles ou abstraites, surtout chez les enfants et les personnes âgées plus suggestibles pour différentes raisons (/enfants : Sam, Bruch et Ceci, /adultes âgés : Jacoby, Bishara, Hessels et Toth).

 

En même temps, un vrai souvenir de traumatisme de viol ou d’inceste a nécessairement induit une douleur physique et émotionnelle forte. Ce souvenir a une source réelle, souvent occultée dans l’oubli, permettant à l’individu de s’adapter et de survivre. Donc dans ce cas, le patient qui les retrouve va revivre la sortie de ses douleurs et de ses émotions pour aller vers une vraie libération. En plus de la mémoire visuelle, il y a l’expression du traumatisme, sa compréhension, l’accès à un pardon vrai, une auto-guérison corporelle, et l’expression d’une énergie d’amour. Ici, il ne peut être question d’illusion imaginative (validation émotionnelle et physique en plus de la validation mentale), de fausse reconnaissance (l’encodage n’est ni neutre, ni léger, ni flou, ni laxiste), de distorsion de mémoire (le point le plus fort de l’encodage – le viol – ne pouvant être distordu par son aspect perceptif fort et global, alors que la scène visuelle autour peut l’être (aspect global seulement)).

 

Les praticiens compétents qui accompagnent des patients dans un travail sur les mémoires aident la personne à ramener un souvenir qui reste à investiguer, un souvenir en partie occulté pour des raisons de souffrance dans l’enfance, la vie fœtale ou peut-être au delà. Cet accompagnement est même essentiel pour aider la personne à aller vers un bien-être durable individuel.

 

Lorsque le phénomène des « faux souvenirs » est analysé dans ce rapport sans avoir au préalable effectué une étude psycho-sociologique, et qu’il est seulement abordé au travers de la citation de deux ou trois auteurs incompétents, la MIVILUDES prend un gros risque d’être elle-même taxée de déviance sectaire (p 41).

 

Quand les personnes victimes finissent par porter plainte à l’issue d’un travail thérapeutique sur les souvenirs, il est essentiel de discerner le vrai problème qui est à la base. Lors d’un processus de développement transpersonnel réussi les victimes passent immanquablement par une étape de pardon à leur bourreau, un pardon vrai issu du cœur et non un pardon mental. Ce processus libératoire du pardon, associé à une compréhension profonde de ce qui a été vécu, permet à la personne d’aller vers une guérison de son traumatisme, de ses blessures. Elle n’éprouve alors plus le besoin de porter plainte contre son bourreau, ce dernier étant lui-même un être en profonde souffrance.

 

Voilà pourquoi une des missions fondamentales de la MIVILUDES concernant l’aide aux victimes est caduque, si cette aide porte uniquement sur le terrain juridique, médiatique, et rationnel.

Dans un processus transpersonnel cohérent et complet, une femme peut bien sûr porter plainte contre son bourreau en cas de viol ou d’inceste si ce dernier constitue encore un danger pour la société et ses proches. Cependant l’amour vrai est l’issue réussie de toute thérapie, particulièrement l’amour de son bourreau.

 

En revanche, quand certains groupes spirituels ou certains thérapeutes amènent une victime à « adresser à leurs parents des courriers injurieux et calomnieux dénonçant des relations incestueuses dans leur petite enfance » (p 42), cette attitude peut être considérée comme une dérive sectaire.

 

Voilà pourquoi, à l’heure actuelle il n’y aura pas d’évaluation possible et de certification indépendante sur ce sujet sensible, ni de charte de déontologie pour ces métiers d’accompagnement, tant que la compétence ne sera pas rassemblée. Sans cela, vouloir arrêter par l’autorité publique et les organisations professionnelles (actuelles), l’acquisition minimale de compétences et d’apprentissages est caduque et même dangereux (p 50).

 

Il conviendrait de fédérer autour d’organisations telles que le CICNS et l’Observatoire des religions, un véritable Observatoire indépendant des spiritualités et des thérapies alternatives.

Il pourrait alors regrouper par exemple les psychothérapeutes traitant des libérations mémorielles, pour constituer un conseil de sages compétents capables de former par exemple l’ensemble des psychiatres et des psychologues qui n’ont pas appris ces approches dans leurs études. Il est aussi à remarquer que se borner à lister une panoplie de méthodes comme à priori suspicieuses (p 48), est un exercice de manipulation sectaire de la part de la MIVILUDES.

 

À noter que lorsqu’il y a confusion entre souvenir réel et interprétation de souvenirs appelée ici « faux-souvenirs », il est logique qu’ensuite on confonde pêle-mêle les outils associés (p 45).

 

Ainsi, les méthodes manuelles de traitements énergétiques ont une influence sur tous les souvenirs, quels qu’ils soient. Bien entendu, il convient de rester vigilant pour que le thérapeute « n’induise rien qui vienne de lui-même » dans cette thérapie, ou « ne reprogramme pas le patient à son insu ». Il est entendu que le travail « intensif et systématique » peut poser problème, en particulier pour le libre arbitre de la personne. Mais combien de thérapeutes ou de groupes sont réellement concernés par ce qualificatif ? Serait-il justifié d’inclure dans cette rubrique les groupes anti-sectes avec leurs méthodes de traitement des apostats ?

Car, depuis 2000, l’ensemble du rapport ne signale en fait que 50 familles qui se sont plaintes d’avoir été accusées de fausses allégations du type viol ou inceste (6 plaintes par an en moyenne, p 160). Combien sur les 50 se sont réellement suicidées comme l’affirme la psychologue Delphine Guérard p 166 ?

 

Certes, les « individus présentant des troubles graves de la personnalité, psychiatrisés ou non, avec un délire manifeste autour de l’inceste » (p 160), resteront toujours pour leur thérapeutes, quelle que soit la technique utilisée, des personnes difficiles à aborder et à conduire vers une guérison totale.

De même, les individus qui se convaincraient seuls en surfant sur Internet, d’avoir été victime d’un viol ou d’un inceste, semblent difficiles à contrôler, puisqu’ils sont seuls par définition. Combien sont-ils réellement ? Et pourquoi les inclure dans les cas de faux souvenirs induits sachant qu’ils sont les principaux moteurs de cette induction, contrairement aux autres cas où l’intervention d’une tierce personne est décisive ?

 

Les thérapeutes utilisant correctement les méthodes faisant appel aux souvenirs n’auront aucune difficulté majeure à aider à se libérer l’immense majorité des autres individus.

 

Si le rapport de Delphine Guérard, de l’AFSI (association Alerte faux souvenirs induits), dont les conclusions majeures sont insérées dans le rapport MIVILUDES 2007, a raison de pointer les professionnels qui induisent des faux souvenirs, il est surprenant (voire inadmissible pour une psychologue) de faire autant d’amalgames, de jugements de valeur et de manipulations mentales sur un tel sujet (p 160). Delphine Guérard parle de pratiques « pas orthodoxes » de professionnels diplômés, sans dévoiler son jugement de valeur d’orthodoxie. Or, le lecteur n’attend pas un discours politique de sa part, mais un compte rendu factuel et argumenté sur le sujet. Même réflexion lorsqu’elle écrit : « les charlatans qui s’autorisent à exercer,…la plupart d’entre eux inventent leur méthode, et leur pratique se révèle abusive ».

Delphine Guérard est-elle réellement une spécialiste compétente en matière de thérapies du souvenir, pour s’arroger le droit de parler de charlatans ou d’abus ? Quels sont les groupes qu’elle nomme sectaires, et qui « ont une technique précise de création de souvenirs d’inceste » ? Un tel jugement est suffisamment lourd de conséquences pour qu’il soit nécessaire de l’argumenter, de le référencer, ce qui n’est pas le cas ici.

Il en va de même lorsque quelques lignes plus loin, elle indique qu’ « une forme de militance exacerbée anime souvent ces thérapeutes qui dirigent et embrigadent les patients ». A t-elle des preuves pour avancer un tel argument ? Sinon, c’est un exemple de manipulation mentale flagrant de sa part.

Par contre, le lecteur suit tout à fait son propos lorsqu’elle indique que « l’acharnement thérapeutique qui consiste à retrouver à tout prix les souvenirs grâce à des questions suggestives, à chercher de façon intrusive une parole qui ne vient pas, et considérer la dénonciation comme un moyen pour enfin retrouver la paix est une pratique dangereuse », peut conduire à de graves troubles psychologiques.

Il est dommage que la manière avec laquelle elle décrive les théories utilisées en matière de « faux souvenirs » soit beaucoup trop marquée par les généralisations abusives (p 161) employant les mots « tout, anti, aucune, etc.. ».

On ne peut qu’acquiescer lorsqu’elle énonce (p 162) qu’établir une typologie des symptômes spécifiques de l’enfant abusé sexuellement soit déviante. Car bien souvent, il est tentant ensuite de tenir le raisonnement inverse, c’est-à-dire de partir de la typologie pour s’imaginer que tel ou tel enfant a été abusé ou non.

Mais pourquoi cette nécessité d’inclure des propos manipulateurs en disant que « Les parents sont néfastes et coupables, diaboliques, démissionnaires, dominateurs, critiques, méprisants, manipulateurs, pédophiles… » ? Où est donc l’empathie que tout psychologue professionnel doit avoir pour ses patients ?

De plus, cette psychologue fait réellement preuve d’ignorance lorsqu’elle parle de techniques corporelles à usage dévoyé s’appuyant sur le célèbre slogan : « le corps ne ment pas » (p. 163). Elle voudrait discréditer toutes les techniques corporelles en disant : « Ainsi, « pour débloquer les résistances », objectif majeur des thérapies axées sur les souvenirs, toutes sortes de techniques psycho-corporelles sont utilisées tels que massages, relaxation, imposition des mains, soins énergétiques, exercices respiratoires. Car, il s’agit de provoquer une détente profonde afin de favoriser l’émergence des mémoires du corps. La prise de conscience des blocages permet alors de les dépasser et de purifier le traumatisme ». En réalité, elle décrit bien une réalité des techniques positives à employer dans les thérapies sur la mémoire.

Par contre, elle a raison de rester vigilante quand il s’agit de techniques de groupe avec des séances de confrontation collective, à condition de ne pas tout stigmatiser et de ne pas provoquer d’amalgames entre différentes techniques. De même il est bon de rester vigilant quand « le thérapeute détient la clé du sens des propos de la personne » (p 164) ou quand le thérapeute affirme que « toutes les maladies viennent de l’entourage » (p 163).  

Voilà comment la MIVILUDES appuyée sur l’analyse bien incomplète de cette psychologue de l’AFSI transforme abusivement dans son rapport une saine manière de procéder en une pratique déviante.

 

Les postulats, les principes évoqués pages 45, 46 et 47 sont relativement bien décrits si on les regarde dans le sens d’une saine pratique transpersonnelle. Seuls bémols à corriger :

Ø « interroger le corps mémoire par des pressions révélant les points de blocage » est une pratique déviante (les carapaces et les boucliers physiques du corps, matérialisant les points de blocage, sont à libérer avec infinie douceur et à leur périphérie) ;

Ø le fait que « le thérapeute décrypte le niveau de préoccupation du subconscient » du patient ou « la clé du sens des propos de la personne (p 164) » est une pratique déviante (seul le patient est à même de décrypter et d’accéder à ses propres compréhensions, en étant guidé dans l’état modifié de conscience par le thérapeute).

 

Il est aussi bon de rappeler que l’outil n’est pas tout, et qu’il est hautement dépendant de celui qui l’utilise. Il est vrai que dans le cas des thérapies mémorielles transpersonnelles, un travail personnel approfondi et incontournable est indispensable de la part du thérapeute qui accompagne.

Pour cette raison, les psychiatres et les psychologues sont bien souvent exclus du champ possible d’utilisation de ces thérapeutiques, puisque bien peu nombreux sont celles et ceux qui ont fait un réel travail de développement transpersonnel.

Bien évidemment, si le thérapeute fait vivre cette thérapie mémorielle qui est de l’ordre de la libération individuelle, à un groupe cloisonné, il s’expose à des risques de dérives sectaires plus élevés (p 48).

De toute évidence, si la cherté des séances est effectivement avérée (p 48), il y a dérive sectaire, surtout si cela est accompagné d’une punition financière du membre dissident. Cette notion est à différencier de la problématique normale traditionnelle des arrhes versées pour tout travail en groupe.

Enfin, si une pression et des menaces sont exercées sur le dissident envisageant son départ du groupe (p 48), il y a là aussi présence de dérive sectaire.

 

Vouloir stigmatiser les méthodes (p 164) du « rêve éveillé », de la « mémoire cellulaire », les méthodes de « traitement énergétique », des « psychothérapies sectaires », sans séparer l’influence humaine du psychothérapeute est une forme de manipulation mentale tendant à faire croire que tous les thérapeutes utilisant ces méthodes sont à exclure, à discréditer.

 

Il est entendu que se limiter à « déceler les vécus négatifs inscrits dans les « mémoires » d’une personne, de les libérer et de les remplacer par un « programme positif » (p 165) », même avec une faculté extra-sensorielle, une capacité du thérapeute à chercher dans l’aura des autres comme cela est évoqué p 164, est à terme déviant, car ici la personne ne fait pas elle-même de compréhension personnelle après libération des émotions salvatrices. C’est l’autre qui le fait ou qui lui suggère des compréhensions à sa place. Du coup, la mémoire n’est pas totalement libérée. La personne peut être temporairement apaisée et aller mieux, sans que le pardon du cœur issu du traumatisme initial soit exprimé.

 

Nous pouvons comprendre que Delphine Guérard, ne connaissant pas les processus de thérapie mémorielle, en arrive à faire autant d’amalgames en mélangeant des faits réels incontournables et positifs d’une pratique libératoire de bien-être durable et profond avec des techniques ou des attitudes déviantes.

 

Rappelons ici que la méditation n’est pas à remettre en cause (p 164), ni même la pratique ésotérique, ou une pratique respiratoire donnée.

 

Un thérapeute, pour être dans un réel discernement et une vigilance doit passer au crible des 9 mécanismes sectaires (cf. annexe 1) chacune de ses pratiques ou de ses attitudes.

Tel est le prix de l’exigence dans cette activité-là, pour le bien-être du patient.

Nul besoin de persuader, de convaincre, de conseiller, de suggérer des solutions ou des interprétations, de déployer la toute puissance d’un maître-thérapeute.

Nul besoin de prétendre guérir, transformer ou changer la vie d’un individu. Seul l’individu peut être le sujet de cette transformation.

Nulle nécessité à suivre La Théorie comme Delphine Guérard le suggère (p 165).

Les vigilances qu’elle cite là sont bien réelles, afin de ne pas être embrigadé ou sous emprise. Ceci dit bien souvent, l’expérience montre qu’est sous emprise celui ou celle qui a justement à apprendre à se sortir de l’emprise. Ce n’est d’ailleurs pas le monde de la spiritualité et du bien-être qui en est le reflet le plus flagrant, mais bien le monde de l’entreprise, l’environnement social ou scolaire, ainsi que la famille où l’emprise est encore plus forte.

De plus, dans une vraie relation d’accompagnement de l’autre, Delphine Guérard aurait dû apprendre que l’acte compassionnel vrai suppose un degré d’intimité et de fusion avec l’autre, dans un intime respect de l’autre et non dans cette attitude dont elle parle, d’entrer par « effraction dans l’inconscient d’autrui » (p165).

Delphine Guérard pointe par contre à juste titre toutes les tentatives de contrôle, de formatage et de maîtrise du patient, sans se rendre compte en le faisant qu’elle condamne aussi de ce fait un bon nombre des techniques actuellement enseignées en psychologie, ou des techniques pratiquées par les associations anti-sectes subventionnées par le contribuable.

Le lecteur peut reprendre la même extension de pensée quand elle évoque la toxicité du psychisme des thérapeutes (p 165), sans citer laquelle.

Parle-t-elle de celle des psychiatres qui, la plupart du temps, ne font aucun travail sur eux, et qui tangentent souvent eux-mêmes la folie, ou de celle d’une partie des psychologues français formatés aux seuls dogmes freudien, lacanien ou jungien, ou de celle des psychothérapeutes qui utilisent les pratiques déviantes que nous avons déjà abondamment citées ici ? Oui, ce sujet est très délicat, et fait du métier de psychiatre, de psychologue, ou de psychothérapeute, un métier très exposé aux déviances en tous genres.

 

Néanmoins, le constat sociologique expérimental d’un organisme européen référent et compétent comme le mouvement INFORM en Angleterre montre que les déviances sectaires sont beaucoup moins le fait des mouvements spirituels que du reste de la société (moins de suicides, meilleure santé, …).

 

Bâtir des formations et des codes de déontologie pour les professionnels de l’accompagnement ne sera pleinement utile et réaliste que quand la MIVILUDES , le gouvernement et toutes les structures autour auront accepté d’étudier et de voir pleinement dans le paysage psychologique les thérapies alternatives, au lieu de les pointer du doigt en vrac, en toute incompétence. Leur non discernement les fait apparaître aux yeux des citoyens comme des « fachos » bridant toute liberté, faisant ainsi de la MIVILUDES le principal promoteur des plus grands charlatanismes.

 

Souhaitons que le souci de professionnalisme guide maintenant les hommes politiques commanditaires de cette traque aussi inutile que coûteuse, afin de corriger dans ce domaine l’image d’une France totalitaire aux yeux de nos voisins étrangers.

 

Annexe 1

Pour reprendre les 9 mêmes mécanismes sectaires que ceux employés dans le compte rendu du rapport 2006 de la Miviludes mis sur le site du CICNS, on constate que la MIVILUDES continue d’employer elle-même la totalité des procédés les plus sectaires qui existent, à savoir :

j En premier, le fait de se couper d’une grande partie de la société, et des réalités

La Miviludes continue de s’isoler de la réalité du vécu de la majorité de nos concitoyens en matière spirituelle et religieuse, en matière de santé alternative, en matière d’éducation et d’éveil, et en matière de formation et de transformation de soi.

Elle prend donc la responsabilité de développer un corps social de plus en plus schizoïde.

k En second, le fait de critiquer systématiquement tous les domaines qui peuvent la déranger

La Miviludes continue son entreprise de jugement extrémiste de toute initiative située en dehors de ce qui existe déjà. Cette attitude non évolutive et peu constructive est même nuisible. Elle ne peut que conduire le corps social étatique à un état de psychose caractérisé.

l En troisième, le fait de prophétiser le chaos dans le domaine des « sectes »

La MIVILUDES traduit toute sa difficulté à transformer la notion d’emprise sectaire en infraction, à définir ce qu’est une secte au plan juridique.

Alors, elle assure de façon démagogique et autoritaire qu’elle luttera contre l’existence de véritables réseaux (p 121) qui par exemple infiltrent les professions médicales (p 187), qui sont responsables de déviances sectaires et qui ont une capacité de mutation hors norme (p 7, « la mouvance sectaire a tôt fait de s’adapter en contournant les textes, en inventant de nouvelles méthodes d’approche ou en s’implantant dans de nouveaux secteurs »). Elle fait tout pour entretenir la peur à leur sujet (« Le pire est à craindre » p 93 ; « le marché fort juteux (des thérapies alternatives d’approche holistique) …peut…entraîner la mort de certains patients p 186). Cette attitude imprime alors un état paranoïaque aigu dans tout le corps social étatique.

m En quatrième, le fait de revendiquer une Mission, de faire la promotion d’une doctrine sociale, politique, psychologique avec une idéologie d’éradication sectaire bien définie pour se faire passer pour l’organisme Sauveur, tout en employant des dogmes intouchables.

La MIVILUDES se repose toujours sur le maintien de la monopensée libérale consumériste axée sur la croissance à tout va, dont les signes avant coureurs d’une décadence et d’une fin sont déjà présents au niveau politique international. Elle le fait sans se poser de questions sur la montée des signes sociaux en faveur d’autres alternatives, ce qui est un formidable signe de vie d’une société, d’avoir le courage d’en inventer une meilleure, de tester les prémices d’une autre.

n En cinquième, le « système MIVILUDES » joue toujours sur deux tableaux 

Une dépendance maternelle des organisations cultuelles, sociales, éducatives ou de formation vis à vis de l’état, ou une dépendance des thérapies officielles à la pensée médicale dominante en vigueur. Cette dépendance est apte à générer un sentiment d’impunité malsain quand chacun peut se sentir protégé par les diplômes ou les agréments donnés. Elle génère aussi son corollaire de perte d’autonomie d’existence et de pensée.

Une culpabilité pour ceux qui braveraient la loi du Père état, à partir du moment où la MIVILUDES n’arrête pas dans son rapport de souffler sur le chaud et sur le froid, en même temps pour mieux dérouter quiconque, et inciter à se tenir sagement dans l’ombre de la mono pensée du Père. Cette deuxième méthode crée alors un asservissement et un conditionnement de nos concitoyens, du coup peu enclins à réagir.

Le fait de jouer sur les deux tableaux en même temps, fait de la MIVILUDES une organisation sectaire de type Père et Mère.  

o En sixième, un dispositif législatif, administratif, exécutif, judiciaire employant des méthodes contraignantes quasi-uniques au monde. Ce dispositif fait de la MIVILUDES un organe de l’état coercitif (coercition physique, affective et mentale) contrairement à ce qu’il se prétend être. Pour preuve, la poursuite de l’augmentation des activités de veille et de renseignement des gendarmes et des officiers de police judiciaire, la volonté de surveillance d’Internet dans ce domaine (même s’ils reconnaissent que la traque Internet est minime : « il existe peu de sites sectaires en infraction avec la législation en vigueur, et l’activité prosélyte dans ce domaine est faible », p 193), la forte augmentation des activités de veille et de renseignement dans les domaines des thérapies et de la santé par le Ministère de la Santé de la Jeunesse et des Sports qui a conduit à la mise en place d’un plan d’action de la DGS signé le 18 mars 2007, pouvant conduire à des actions en justice (recherche de tous les PNCAVT, Pratiques Non Conventionnelles à Visée Thérapeutique où la recherche de bien-être est suspecte d’entrée de jeu, p 204 + voir liste en annexe 4).

p En septième, l’égocentrisme de la MIVILUDES qui se fait passer pour l’organe central seul dépositaire de la compétence sur les dérives sectaires, le leader incontournable, conduit à imposer une mono pensée sans donner la possibilité à d’autres courants d’opinion de pouvoir se confronter à elle. Ce nombrilisme aigu amène la MIVILUDES à prêcher l’immobilisme et l’invariance dans les secteurs qu’elle considère comme chasse gardée (éducation, formation, cultes, secteur social), à défendre les lobbys médicaux, vaccinaux et pharmaceutiques en place actuellement au risque de ne plus avoir aucun autre mode de pensée ou d’action.

Ce septième mécanisme sectaire, qui la fait passer pour le seul « Gourou » guérisseur du mal que sont les sectes, est très présent dans le corps social étatique.

q En huitième, les méthodes de persuasion et de focalisation médiatique de l’attention employées  pour faire croire à de fortes dérives demeurent omniprésentes. Le dispositif de formation s’étend de plus en plus à toute l’administration sur la base de critères policiers et administratifs. Il y a certes cette année un premier dispositif d’étude traitant du contenu de certaines thérapies alternatives, mais malheureusement ceux qui en font l’étude n’ont pas compétence au chapitre (voir l’exemple des faux souvenirs). Ce point-là est gravissime de conséquence s’il s’avérait perdurer, car de façon aisée la MIVILUDES verrait ses arguments réduits à néant les uns après les autres. À la MIVILUDES de faire l’effort de s’entourer des compétences utiles en matière de PNCAVT auprès des thérapeutes holistiques reconnus. À la MIVILUDES de s’entourer des compétences réelles acquises par le CICNS en matière de nouvelles spiritualités, à l’image de ce qui se fait en Angleterre par le centre INFORM ou en Suisse par le CLIMS.

r En neuvième, une normalisation faite par la MIVILUDES   sur les processus initiatiques ou ésotériques que peuvent vivre les mouvements spirituels ou les thérapies alternatives à des fins de manipulation ou d’utilisation dans le monde, est fréquemment utilisée. Cette normalisation montre le haut degré d’incompétence de la MIVILUDES. La MIVILUDES se permet encore une fois de plus de se dire compétente, là où elle ne l’est visiblement pas (puisque ses membres ne font pas jusqu’à preuve du contraire de travail spirituel ou thérapeutique alternatif et qu’il n’existe pas de liaison entre l’administration et la recherche universitaire dans les domaines concernés).  En réalité, le vrai besoin serait au contraire de lancer des appels d’offre pour réaliser des études ethnologiques sur les mouvements spirituels, et des études thérapeutiques sur les nouvelles thérapies existant en France.

Cela permettrait de mieux connaître certaines pratiques et de les valider si nécessaire.

Au lieu de cela, la MIVILUDES , dans cette neuvième tendance sectaire laisse le champ libre à toutes les dérives, et ne daigne même pas entamer les premiers contacts.

Mieux encore, elle stigmatise les nouvelles thérapies en déclarant, sans se rendre compte de la stupidité de ses propres remarques, que ces thérapies ne sont pas validées (sous-entendu par l’état Français qui se refuse d’en valider même une seule). La MIVILUDES ne pouvait pas faire mieux pour qu’elles se propagent encore plus vite et plus largement…

Annexe 2

 

30 Amalgames, jugements de valeur, généralisations abusives (-42%/ 2006):

Pages : 16 (2), 17, 26, 28, 53, 86 (2), 97, 108, 113, 159, 160 (2), 161 (2), 162 (2), 164 (2), 165, 185 (3), 186 (3), 196 (3)

 

L’emploi du jugement de valeur à priori, de l’amalgame facile, des généralisations abusives, sont un reflet du deuxième mécanisme sectaire.

 

3 diffamations gratuites sans fondement :

Pages : 189 (2), 200  

8 cas de paranoïa :

Pages :7, 17, 93, 121, 186, 187 (2), 204  

28 Manipulations mentales (-54%/ 2006):

Pages : 16, 18 (2), 19, 53, 109, 111, 114, 133, 160, 161, 163 (2), 165, 184, 185, 186 (4), 187 (2), 188 (2), 190, 196 (3)  

Les cas de manipulation mentale sont un reflet du huitième mécanisme sectaire.

Annexe 3  

Les cas d’incompétences recensés sont encore nombreux dans le rapport 2007. L’observation complète des rapports de ces quatre dernières années reflète une incompétence, bien supérieure encore, sur les mêmes grands axes thématiques que les autres années.  

Thématiques d’incompétence :

Méconnaissance des lois de la douleur, des mémoires du passé engrammées au dedans de soi.

Méconnaissance de la psychologie transpersonnelle, des processus d’éveil vers le bien-être durable (discours uniquement fait de psychologie freudienne).  

Méconnaissance des processus initiatiques et ésotériques, des processus spirituels.  

Méconnaissance des thérapies alternatives.  

Méconnaissance du passage de vie à trépas.  

Méconnaissance de l’accompagnement humain pendant la grossesse.  

Méconnaissance sociologique, théologique et juridique dans le domaine des nouvelles spiritualités.

Annexe 4

Les thérapies ou mouvements spirituels cités par la MIVILUDES

Les 50 cas cités dans le rapport 2007 (avec 9 sujets phares)  

La Scientologie p 18, p 31-32, p 116-129, p 132, p 135, p 142-149, p 155, p 157, p 184, p 203, p 212 cités 79 fois.

 

M   Moon ou Association du saint esprit pour l’unification de l’église mondiale p 114-125, p 132, p 135, p 142-143, p 151-156, p 184 cités 53 fois  

Les Témoins de Jéhovah p 23, p 25, p 114, p 116-127, p 132, p 135, p 142-143, p 149-151, p 155-157, p 184, p 203 cités 50 fois  

Les Faux souvenirs ou souvenirs induits p 39-50, p 159-169, p 187-188, p 221, p 231 cités 45 fois  

Les Constellations (familiales, systémiques, d’organisation ou d’entreprises) p 8, p 83-93, 200 cités 45 fois  

Les pratiques chamaniques (citées 10 fois) avec plantes hallucinogènes (Ayahuasca cité 15 fois, Iboga cité 34 fois, Datura cité 37 fois) p 8, p 48, p 62, p 96-105, p 181-182, p189, p 230-231  

 

Phénomène satanique p 8, p 40, p 107-109, p 189-190, p 197 cité 17 fois 

 

Les méthodes de vente multi-niveaux, p3, 8, p 71-81, 199 cités 12 fois 


Le décodage biologique des êtres vivants ou la biologie totale p 48, p 83, p 86, p 91-92, p 200 cité 11 fois  


Les arts martiaux, le taï chi, le qi gong p 191, p 192, p 195, p 210 cités 8 fois 

Le coaching p 3, p 5, p 83, p 84, p 198, p 211 cité 8 fois 

CAPLC et CAP France, p 116, p 117, p 120, p 121, p 125, p 129 cités 7 fois 

La Communication Facilitée p 48, 209 cité 6 fois 

La méthode de Geerd Hamer p 91-92, p 187 citée 6 fois 

La méditation p 48, p 99, p 164, p 191, p 192 cité 6 fois 

L’église évangélique de la grâce ou Institut théologique de Nimes ITN p 123 cités 6 fois

Le La Médecine Traditionnelle Chinoise ou l’acupuncture p 191, p 208-209, p 231, 232 citée 6 fois

L’hypnose p 48, p 163, p 168 cité 5 fois

La psycho-généalogie p 47-48, p 163 cité 4 fois

Le CICNS, p 116, p 120, p 121 cité 4 fois

Les Mormons p 135, p 139, p 146 cités 3 fois  

La naturopathie, p 164, p 208

Tabitha’s Place p 196, p 201

La sophrologie p 48

Le rêve éveillé p 164

Les massages énergétiques p 48

La Gestalt thérapie p 48

Le yoga p 48, p 192

Le Kundalini Yoga p 200

Le Channelling p 200

Le psycho-théâtre p 48

La musicothérapie p 48

La Fasciathérapie p 200

L’EMF Balancing p 200

Le Reiki p 191, p 200

La PNL p 200

La méthode Silva p 200

Le Rebirth p 200

La méthode de régression p 35

La kinésiologie p 18, 200

L’analyse transactionnelle p 88

La réflexologie plantaire p 231

L’auriculothérapie p 231

La phytothérapie p 231

La mouvance anti-vaccination p 187

L’Organisation des sœurs d’Agape p 87

La Nouvelle acropole p 87

Les Frères de Plymouth p 114, p 123

Raël p 16, p 29

Le Patriarche p 32, p 180  

Les 39 cas cités, soit dans le rapport 2006, soit dans la commission de décembre 2006 sur les enfants.  

Ces cas viennent s’ajouter ou compléter les 51 cas de 2005 (20 à 21 cas communs), puisque la MIVILUDES déclare faire un rapport 2006 qui complète les autres et apporte du nouveau.  

 

Coaching, team-building, p 60, 260

Guérisseurs à mains nues, biomagnétiseurs, p 61

Toucher massage chinois p 287

Brain Gym (Edu-Kinésiologie) p 63, Kinésiologie p 260

Hamer p 63

Décodage biologique p 63, Analyse et réinformation cellulaire p 65

Régressions, expansions de conscience, faux souvenirs p 63-64

Rebirth p 65, 144

Doulas et accompagnement de la naissance p 67

Haptonomie, hyponatal, massages (non kiné) p 68

EMF Balancing Technique p 69

Purin d’ortie p 79

Analyse Transactionnelle p 136-159

Initiation chamanique avec plantes hallucinogènes Ayahuesca, Iboga p 160-168

Psychophanie, enfants indigo p 257, Kryeon p 69

Herbalife  (suspecté p 261)

Mouvement Shaolin (suspecté p 261)

Groupes contre l’obligation vaccinale p 281

Energie Chromokinèse

EthnoMédecins sans frontières

Mormons p 173, 262

Bouddhistes p 262

Moon ou l’église chrétienne de l’Unification (cités 26 fois)

Scientologie (cités 124 fois)

Témoins de Jéhovah (cités 58 fois)

Thabita’s Place

Les enfants d’Ilythie

La Fraternité Blanche universelle p 110

Les Loubavitch

Les frères de Plymouth  

Les 51 thérapies alternatives citées en 2005:

La préparation fœtale de l’AMORC, la kinésiologie, EMF Balancing/Kryeon, le chamanisme, la médecine traditionnelle chinoise, la macrobiotique, la méthode Hamer, le Reiki, les thérapies des « faux » souvenirs, Mahikari, l’hygiénisme, les médecines énergétiques, la médecine holistique, la psycho-généalogie, la bio-psycho-généalogie, la Psychophanie et communication facilitée, la  méthode Simonton, les méthodes de Beljanski, la naturopathie, la naturo-réflexologie, les pratiques guérisseuses empruntées à la tradition druidique, la méthode SILVA/l’eau énergétisée, l’eau diamant, la biothérapie, la mémoire cellulaire, le décodage biologique, le décodage symbolique des dents, l’ostéopathie, les constellations familiales, le rebirth, les thérapies du rêve éveillé, l’imposition des mains, la méthode Be Happy, les médicaments mycrozymas, l’instinctothérapie, le jeune et la randonnée, les massages en général quand ils sont pratiqués par des non kinésithérapeutes, le massage métamorphique, la prénatothérapie, l’Ayahuesca, l’Iboga, les thérapies vibratoires, les huttes de sudation amérindiennes, la prière thérapeutique, la thérapie d’Analyse Transactionnelle, la sophrologie, la somato-relaxologie, l’orthokinésiologie, le shiatsu, la digitopuncture, la naturo-réflexo-iridologie -bioénergéticienne  

Les  6 mouvances spirituelles citées en 2005:

Le Bouddhisme Zen, l’Antroposophie, la méditation, la physique quantique et les phénomènes liés aux traditions de l’humanité, les enfants indigos/Kryeon, la Scientologie , Moon et l’église chrétienne de l’unification, les Témoins de Jéhovah  

Les autres mouvements suspects cités en 2005:

Le parti politique anti-Bush Solidarité et Progrès   

 

Lire également le commentaire d'Éric Bouzou et celui de Denis Mathieu

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