Questions
aux candidats à la Présidence de la République française pour une déclaration
d'engagement
Madame, Monsieur,
Vous êtes officiellement candidat(e) à la présidence de la République Française.
Vous avez donc engagé une réflexion sur les problèmes de la société française
ainsi que sur les solutions que vous pensez pouvoir leur apporter.
Le CICNS est une association indépendante dont l'objet est d'équilibrer le débat
sur la question des nouvelles spiritualités. Vous êtes invité(e) à consulter
notre site pour de plus amples informations : www.cicns.net.
Dans l'éventualité de votre élection, notre association, ainsi que les
dizaines de milliers de personnes qu'elle représente, souhaitent connaître ce
que vous envisagez pour les minorités spirituelles actuellement persécutées
par amalgame depuis 25 ans au travers d'une lutte contre les "sectes",
rebaptisée "lutte contre les dérives sectaires" pour en atténuer
artificiellement les débordements.
Nous vous serions donc reconnaissants d'apporter vos propres réponses au
questionnaire ci-dessous; elles constitueront votre "déclaration
d'engagement" auprès de tous les électeurs engagés dans une démarche
alternative spirituelle, d'éducation, ou de santé. Vous avez conscience que
cette question, bien qu'absente des programmes politiques, est essentielle pour
bon nombre de Français.
Nous vous remercions pour l'attention que vous voudrez bien porter à ce
courrier et vous prions d'agréer, Madame, Monsieur, nos salutations distinguées.
Eric Bouzou, Président du CICNS
Questionnaire pour l'élaboration d'une déclaration d'engagement envers les
minorités spirituelles françaises.
Contexte :
La politique de la France à l'égard des nouvelles spiritualités fait
exception au sein des pays démocratiques. Elle suscite d'ailleurs de nombreuses
préoccupations auprès d'organismes internationaux comme l'ONU. Loin de rester
« incompétent » en matière religieuse, l'État français laïque tend à définir
ce que sont les bonnes et les mauvaises religions et à s'intéresser à
l'exercice du culte.
Depuis le début des années 80, de nouvelles formes d'expression de la
spiritualité ont été mises du côté des "mauvaises religions" à
travers la dénomination de "sectes" qui, dans son acception
populaire, entretient l'amalgame entre spiritualité et criminalité. Trois
rapports parlementaires en 1995, 1999 et 2006, ont achevé de mettre au ban de
la société toutes personnes ayant fait un choix alternatif spirituel, de santé,
de vie. Régulièrement, les rapports de la MIVILUDES, mission rattachée au
Premier Ministre, entretiennent la psychose de la population française à l'égard
des sectes sans apporter aucune preuve tant sociologique que juridique de
l'existence de ce prétendu fléau social.
Le résultat de cette politique est un ensemble de discriminations à l'égard
d'un grand nombre de personnes. Ces discriminations sont perpétrées dans
l'indifférence générale et avec un consensus étonnant de l'hémicycle français.
L'action légitime de l'État en terme de prévention, de mise en application du
droit pour faire respecter l'ordre public, ne peut en aucune manière justifier
les campagnes de dénigrement dont les nouvelles spiritualités sont l'objet.
Sur la base de ce constat :
1°) Reconnaissez-vous que l'état des lieux sur la question des nouvelles
spiritualités tel qu'il est actuellement présenté par les pouvoirs publics,
est partiel et partial et ne respecte pas notre Constitution et la loi de 1905 ?
2°) Dans l'éventualité de votre élection, vous engagez-vous à mettre en
place les mesures nécessaires pour comprendre le phénomène des nouvelles
spiritualités plutôt que de lutter contre elles ? Et cela par :
- la réhabilitation des recherches universitaires et la prise en compte de
leurs résultats dans les débats concernant cette question
- la reconnaissance d'un paysage spirituel multiforme et non limité à quelques
dogmes reconnus.
-
le
soutien nécessaire à la création d'un observatoire indépendant et officiel
des nouvelles expressions de la spiritualité en France qui serait un organe
consultatif équilibré auprès des pouvoirs publics et des citoyens
.
- la dissolution de la MIVILUDES dont l'action sera alors inutile.
- des campagnes d'information dans les administrations et la justice réhabilitant
les minorités injustement persécutées.
3°) Vous engagez-vous à cesser le financement d'associations anti-sectes qui
constituent la seule source d'information des pouvoirs publics ou à fournir le
même financement à des associations qui apportent un autre regard, comme le
CICNS ?
4°) Vous engagez-vous à abroger la loi dite About-Picard qui a été sévèrement
évaluée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme ?
5°) Vous engagez-vous à initier une réflexion dépassionnée sur la loi de
1905 pour mettre en accord son application et son esprit et étudier les aménagements
qui permettront aux minorités spirituelles d'y trouver leur place ?
Lire
également :
Le
banc d'essai par le CICNS des candidats à l'élection présidentielle 2007
La
politique et la spiritualité peuvent-elles faire bon ménage ?
La
tendance politique la plus hostile aux minorités spirituelles ?
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