Réponse de François Bayrou

à notre questionnaire pour une déclaration d'engagement

 

M. Bayrou n'a pas bien étudié notre proposition ni pris la mesure de la situation que nous décrivons, il n'a pas répondu au questionnaire et nous a retourné cette réponse générale et décevante. Il évoque "la volonté de se déterminer librement" ... dont on se demande comment elle pourrait s'appliquer au milieu d'un tel programme, calqué sur les poncifs de la campagne antisectes depuis 25 ans. Message reçu, M. Bayrou... Mais vos électeurs spirituels attendent beaucoup plus et il n'est pas trop tard pour prendre en compte le signal d'alarme que le CICNS tire quotidiennement maintenant.

 




LA FRANCE DE TOUTES NOS FORCES

 

Monsieur Eric BOUZOU
Président de CICNSB.P7
82270 MONTPEZAT DE QUERCY

 


Paris, le 5 février 2007

 

Monsieur le Président,

 

Votre courrier a naturellement retenu toute mon attention.
Vous souhaitez connaître ma position sur les minorités spirituelles. Permettez-moi d'abord de réaffirmer mon attachement à la laïcité, comme fondement de notre démocratie et de notre République. La laïcité, c'est avant tout la séparation du spirituel et du temporel, c'est-à-dire la relégation de la pratique religieuse à la seule sphère privée. 

Peu importe donc le nom de la religion comme son poids démographique. 

Chacun a le droit de croire, et d'ailleurs la République respecte toutes les croyances, comme l'article 1er de notre Constitution le proclame. 

Voilà le principe. Mais il y a des restrictions à ce principe d'ordre constitutionnel : les atteintes à l'autonomie psychique et physique des personnes, à leur liberté de jugement et de conscience, l'abus de faiblesse, les troubles à l'ordre public et la violation du droit de chacun à la santé. 

Cette liste n'est évidemment pas exhaustive, mais vous conviendrez avec moi que le premier devoir de l'État est de protéger les plus faibles et, plus largement, de protéger la société contre des dérives qui peuvent anéantir des familles, conduire au désespoir et même à la mort. 

Il ne s'agit pas de distinguer entre les religions et de leur accorder un satisfecit en fonction du nombre de leurs pratiquants. Il s'agit de défendre le libre arbitre de chacun, c'est-à-dire la volonté de se déterminer librement, sans manipulation extérieure. 

Enfin, il s'agit pour tous les mouvements spirituels de respecter la loi, à commencer par les principes de notre santé publique dont la violation est une mise en danger d'autrui. Je pense plus particulièrement aux enfants.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l'assurance de mes sentiments cordiaux.

François BAYROU

133, rue de l'Université 75007 Paris - f.bayrou@bayrou.fr - 08 11 11 2007


 

 

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