Kinésiologie  

Lire également : L'affaire de la Kinésiologie

Sur Métaflore, l'association des amis du Dr Edward Bach

Rubrique : < L’association < Sectes, etcætera... : Affaire kinésiologie et liberté de conscience

Affaire kinésiologie et liberté de conscience

Lettre de M. Yves Michel

22 août 2005, par Yves Michel, Responsable des Editions "Le Souffle d'Or"

Chers auteurs des éditions Le Souffle d'Or et Yves Michel,

Vous avez sans doute entendu parler dans les medias récemment de la kinésiologie. Je suis éditeur de livres sur la kinésiologie depuis les années 1980 (le premier et toujours le principal) ; j'ai publié 15 titres sur cette méthode psycho corporelle de bien-être. A ce titre, je me suis penché sur la récente campagne de calomnie contre la kinésiologie ; j'ai enquêté auprès de professionnels, de formateurs, et de personnes ayant personnellement assisté au procès ; j'ai constitué un dossier, que je mets à la disposition de qui le souhaitera. D'autre part, j'édite nombre de méthodes de développement personnel et autres approches psycho corporelles, et je suis un acteur et observateur de la société civile. J'aimerais partager avec vous mes réflexions, afin de répondre aux questions que vous pourriez vous poser, ou à celles de votre entourage, et d'élaborer un positionnement collectif pour mettre fin à certaines dérives.

Yves MICHEL 12/07/2005

A/ L'affaire récente des époux Boucher-Durand (Finistère) et la kinésiologie

• la kinésiologie sert de bouc émissaire bon marché pour des parents, mais aussi 3 médecins / article Le Monde

• deux de nos auteurs piégés par journalistes ayant remplacé leurs propos ; ont porté plainte

• infantilisation (perte des facultés de réflexion)

B/ Au-delà, la lutte contre les " déviances ", un problème de libertés civiques bien français

une fierté chauvine et rationalisante, ignorance

• les laboratoires pharmaceutiques : amalgame méthodes naturelles de santé - secte

C/ Manipulation de l'information

• démission du gouvernement au profit d'associations

• secte, un terme flou bien pratique

• intolérance, délit de différence, incitation à la haine et à la délation, chasse aux sorcières.

• circulaire Raffarin recommandant de ne plus se servir du rapport parlementaire de 1996

D/ Quel nombre de victimes ?

• parallèle avec maladies nosocomiales

• lien avec le statut des psychothérapeutes

E/ Statut des psychothérapeutes

F/ Pistes d'action et références


A/ l'affaire récente des époux Boucher- Durand (Finistère) et la kinésiologie

Un couple est accusé d'avoir privé leur enfant de soins, lequel est mort le 12/11/2000. Le procès s'est déroulé début juin 2005. Condamnation à 5 ans de prison, dont 8 mois fermes. Les medias ont souligné dans cette affaire, que ce couple était " adepte de la kinésiologie ". Qu'est-ce que cela veut insinuer ? La kinésiologie compte des praticiens, des formateurs, mais aucun " adepte ". Aucun lien n'a été fait ni démontré entre la mort de cet enfant et la kinésiologie, mais l'amalgame est construit avec persistance. La kinésiologie sert de bouc émissaire bon marché pour des parents, qui s'en sortent à bon compte. " Ils bénéficient des circonstances atténuantes, parce qu'ils étaient sous l'influence d'une croyance, la kinésiologie, qui n'est pas une secte, mais une doctrine sectaire " Le Monde 4/06/2005. Ce sont aussi 3 médecins très légèrement condamnés... On est en plein procès en inquisition : ouf, ils ont évité de peu le bûcher, parce qu'ils ont " abjuré leur foi en la kinésiologie " !

Nous, éditeur et les praticiens et formateurs en kinésiologie, vous affirmons que la kinésiologie n'a absolument rien à voir avec la mort de cet enfant. En réalité, ses causes restent non élucidées ; la thèse de la malnutrition peut être supplantée par celle de l'anorexie de l'enfant, ou même d'une maladie génétique. Un expert, le Dr. Labbé, qui n'a pas pratiqué d'autopsie du cerveau de l'enfant, a reconnu à l'audience ne pas avoir tout mis dans son rapport ; un autre expert penche pour l'anorexie de l'enfant. Dans un domaine connexe, chaque année des milliers d'enfants bénéficient grandement du soutien de la kinésiologie dans leur parcours scolaire ! Mais l'Education Nationale campe sur ses dogmes et condamne la kinésiologie, et dans ce même geste nombre d'enfants qui ne rentrent pas dans son moule.

Dans ce contexte, deux de nos auteurs, Jean-Claude Guyard et Freddy Potschka, praticiens et formateurs de longue date, ont accepté de répondre à des journalistes ; ils ont été piégés par ceux-ci, qui ont remplacé leurs propos ; nos auteurs ont porté plainte.

Ce cas met bien en évidence la volonté d'infantiliser le public (perte des facultés de réflexion) : " Vous avez été victime de cette doctrine dangereuse et votre discernement en a été en grande partie aboli " Le Monde 4/06/2005. Il est reproché à ce couple leur " méfiance vis-à-vis de la médecine traditionnelle " Le Dauphiné Libéré 3 juin 2005. Les gens qui s'intéressent aux médecines naturelles et autres techniques psycho-corporelles sont tournés en dérision et présentés comme devant être mis sous tutelle ; c'est exactement ce qui s'est déroulé lors de ce procès, et dans la condamnation. Ceci est très grave pour nos libertés civiques, tant individuelles que collectives.

B/ au-delà, la lutte contre les " déviances ", un problème de libertés civiques bien français

Si l'on fait un tour des pays d'Europe voisins, il n'y a qu'en France où l'on assiste à une persécution féroce des méthodes de bien-être et des médecines naturelles, lesquelles sont beaucoup mieux reconnues dans les autres pays, parfois enseignées à l'Université, parfois remboursées par la Sécurité Sociale. Il me semble qu'il y ait au moins deux raisons à cette situation : 1. une fierté chauvine et rationaliste à outrance : la France est la patrie de Pasteur (on érige donc ses pseudo découvertes en tabous, passibles du bûcher si l'on y touche). D'autre part, seule l'université édicte ce qui est possible ou non : triste spectacle de l'ignorance et de la sclérose érigées en dogme : C.G.Jung est toujours ignoré de l'enseignement en psychologie, et les médecines traditionnelles parfois millénaires comme l'acupuncture, sont ridiculisées, car " il n'est pas possible que ça marche ! ". Quelle suffisance et mépris, d'une part pour les praticiens de ces méthodes, qui ont des résultats tous les jours, mais aussi pour les patients, plusieurs millions chaque année, qui en sont satisfaits, mais qui " ne bénéficient plus de toutes leurs facultés intellectuelles ". L'Ordre des médecins veille à la bonne norme, faisant preuve du plus grand obscurantisme. Une approche scientifique consisterait au contraire à étudier d'abord les faits, dans un esprit curieux. Est-ce que cela vous semble acceptable ? 2. l'autre problème qui nous occupe est la détermination des laboratoires pharmaceutiques à développer leur " marché ". Tous les moyens sont bons pour cela, depuis les largesses accordées au corps médical, jusqu'à la lutte par tous les moyens contre tout ce qui pourrait leur nuire. Ainsi, nous vivons dans une société complètement schizophrène, où nos gouvernants se plaignent du déficit de la Sécurité Sociale, mais font tout pour encourager la consommation médicamenteuse. Il faut savoir que les principaux partis politiques en reçoivent de l'argent, mais aussi le Comité Français pour l'Adolescence, lequel est en charge de la politique sanitaire pour les jeunes ! Ainsi, toute démarche visant à diminuer la consommation médicamenteuse peut être traitée de démarche sectaire en France aujourd'hui, avec les pires conséquences. Est-ce qu'on bradera notre santé simplement pour les profits financiers de quelques labos ? Est-ce acceptable ? Mais si le Ministère de la santé a d'autres et bonnes raisons, pourquoi ne les dévoile-t-il pas ?

C/ L'information est manipulée 

Toutes ces affaires, sur lesquelles je me suis documenté, sont instrumentalisées pour ramener les brebis égarées ou susceptibles de l'être dans la bonne norme de la société. Avec répression à l'appui. Gorgez-vous de médicaments quels qu'en soient les conséquences, gardez-vous du végétarisme, et dormez tranquilles ! Je déplore ici la démission du gouvernement au profit d'associations privées, et arrosées d'argent public pour traiter de cette question. Même le rapport parlementaire de 1996, que nous avions immédiatement critiqué pour son manque de rigueur, sa partialité, vient d'être invalidé par une circulaire Raffarin recommandant de ne plus s'y référer. J.O n° 126 du 1 juin 2005 page 9751 texte n° 8 Décrets, arrêtés, circulaires Textes généraux Premier ministre NOR : PRMX0508471C

" Secte ", un terme flou bien pratique : les parlementaires ont été incapables de le définir ; cependant, il est utilisé pour les mêmes buts que l'ont été " sorcières ", ou " communiste ", à des époques peu glorieuses. A ce sujet, je trouve assourdissant le silence de la Ligue des Droits de l'Homme, qui avait pourtant appelé à une certaine prudence dans le cas de la pédophilie...

Il semble que le climat actuel en France ait viré vers une grande intolérance, un " délit de différence ". Ainsi, des critères d'appartenance sectaire ont été rédigés et largement diffusés, qui jettent la suspicion sur tout individu qui gère son temps ou son argent de façon personnelle, qui " refuse la science autre que celle enseignée à l'école ", qui a un comportement alimentaire ou sanitaire simple et naturel, s'écartant du " tout médicament ", pour ne citer que les plus alarmants. On devine clairement la main des laboratoires pharmaceutiques. Pire, cela est accompagné d'appels à la délation et à la haine, avec inquisition : ainsi s'installe un climat de peur et de suspicion très vaste, où beaucoup de personnes doivent cacher leurs valeurs. D'autres partent à l'étranger. Trouvez-vous cela acceptable et sain pour le " tissu social " ? De telles exhortations relèvent parfaitement de sectarisme... Où est le prétendu danger ? Quand on sait (preuves à l'appui) que nombre des " pourfendeurs de sectes " fondent leur démarche sur des blessures personnelles non assumées et la vindicte, on est loin de la rationalité. De fait, tous les experts, sociologues, chercheurs et psychologues indépendants sont systématiquement ignorés, malgré leurs travaux très sérieux. Dommage, et ça montre que les enjeux sont ailleurs (F. Lenoir, M. Lempert, entre autres).

D/ Quel nombre de victimes des prétendues " sectes " ?

J'aimerais faire un parallèle entre deux phénomènes et leur traitement médiatique et politique. Il est vrai qu'il y a probablement des dérives, abus de pouvoir, extorsion de fonds, etc., dans les médecines naturelles, et ceci doit être réprimé par la justice, pas par les medias ni n'importe qui. On en trouve certainement autant dans les églises, les partis politiques, les milieux de la santé institutionnelle et autres. Alors ? Je demande que ceux qui prétendent détenir des plaintes, qui ne sont souvent que des demandes d'infos, aient le courage de mettre sur la table celles-ci, et qu'on les examine sérieusement. Observons maintenant un deuxième phénomène : les maladies nosocomiales (contractées à l'hôpital) ; selon les sources officielles, elles touchent 800 000 personnes / an en France, et font de 4 000 à 10 000 morts/ an. On en entend parler une fois tous les deux ans, mais certains grands hôpitaux parisiens refusent toujours de se plier au protocole mis en place pour lutter contre. Or connaissez-vous leur cause ? La surconsommation d'antibiotiques et la mauvaise hygiène. Je ne parle même pas des maladies iatrogènes (générées par les médicaments eux-mêmes), les chiffres sont beaucoup plus élevés. Quelle est la cohérence ?

E/ Je fais également un lien avec le statut des psychothérapeutes

Une réflexion a été menée en 2004 entre le gouvernement et les professionnels, lesquels n'ont pas de statut en France, ni d'enseignement à l'université, comme les psychanalystes (amendement Accoyer). Puis aucune décision n'a été prise ; mais récemment, le nouveau ministre de la santé essaie de prendre des décrets de façon très unilatérale et anti-démocratique, imposant des conditions aux psychothérapeutes telles que la plupart seraient interdits de pratique. La profession serait chapeautée par l'Université, par des personnes n'ayant pas fait de travail sur eux, uniquement avec des critères administratifs. Trouvez-vous cela acceptable ? Au nom de quoi, sinon d'une normalisation ?

F/ Que faire ?  

La réponse n'est pas simple. Je ne veux pas ajouter encore de la peur, mais il me semble nécessaire de dire les choses pour agir en connaissance de cause. Je ne veux pas non plus alimenter des thèses de complot, les enjeux me semblent plus simples, il s'agit de l'instrumentalisation de la peur pour maintenir un statut quo et des profits financiers pour quelques-uns. Et on laisserait partir en fumée nos acquis civiques et nos libertés pour ça ? Certainement pas !

Le traitement de la peur exige de la pédagogie, de la finesse, car les centres cérébraux excités chez l'homme par la peur ne sont absolument pas rationnels (cerveau reptilien). Par contre, face aux privilèges financiers, affirmons nos valeurs.

Voici donc quelques pistes, à compléter : 

1. systématiquement vérifier l'information, en cherchant qui l'a émise, et qui elle sert. 

2. être prudent et rigoureux, privilégier les faits sur les interprétations émotionnelles, se distancier de l'instrumentalisation de la peur. 

3. en parler à d'autres personnes, calmement, rompre l'isolement. 

4. élaborer des dossiers solides et vérifiables lorsqu'il s'agit de méthodes de santé. 

5. interpeller les journalistes, les élus, les syndicats et tout responsable au sein de la société civile (la Ligue des droits de l'Homme). Dénoncer la désinformation. 

6. manifester de la solidarité envers les personnes accusées de simplement ne pas se couler dans le moule, ou injustement. 

7. s'associer à des organisations existantes ou des réseaux pour faire avancer nos valeurs, en faisant respecter le droit. 

8. Nous ouvrons une rubrique sur notre forum ce jour : ajoutez-y votre point de vue ! 

www.souffledor.fr rubrique Forum

Références : 

1. Kinésiologie : des professionnels répondent aux allégations mensongères : http://www.kinesioforum.org/reponse/ 

2. L'affaire de la kinésiologie, communiqué rédigé par Eric Bouzou, auquel je souscris grandement, sur le site internet du Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités http://www.cicns.net/Kinesiologie.htm site : www.cicns.net

Au sujet du statut des psychothérapeutes : 

3. Psy en mouvement - 25, bd. Gambetta - 30 700 Uzès -. infos@psy-en-mouvement.com ou psy-en-mouvement@wanadoo.fr 4. Journal REEL, 129 rue Vauban, 69006 LYON Tel : (33) 472 835 958 gd@journalreel.info Site : www.journalreel.info

Documents connexes / A lire également :

Lettre ouverte à la commission d'enquête parlementaire Belge sur les sectes

Et pour Réseau Voltaire plus précisément...

Médecine classique et médecines parallèles

Concours de la plus belle secte

Open brief aan de Belgische Parlementaire Enquête Commissie met betrekking tot sektes. Of aan Reseau Voltaire

En in het bijzonder voor Réseau Voltaire...

http://metaflore.jacquesdavid.net/article.php3?id_article=47


Bonne nouvelle de la part de la MIVILUDES

Lettre signée par le Secrétaire Général, Gilles BOTTINE :

Paris, le 02 août 2005

Mademoiselle,

Je réponds à votre courrier du 29 juillet 2005 concernant la kinésiologie. La kinésiologie n'est pas considérée par les pouvoirs publics comme un mouvement à caractère sectaire.

Cependant, comme toute pratique de soins ou de mieux être, non réglementée ou exercée par des personnes insuffisamment formées, elle peut conduire à des dérives voire à la commission d'infranctions pénales. Cela serait à l'évidence le cas de la part de kinésiologues qui, dans leur relation avec leur client, poseraient des diagnostiques ou chercheraient à se substituer aux médecins.

Je vous prie d'agréer, Mademoiselle, l'expression de mes sentiments distingués.

Gilles BOTTINE Secrétaire Général

sur http://www.ifka.com/ifka_actualites.php


Comment la mort d'un enfant est utilisée pour détruire la kinésiologie

Franc succès pour les anti-sectes, les brebis égarées sont de retour dans le giron de la société ! Un coup monté n'aurait pas mieux réussi (un enfant mort, des parents repentants, quittent la secte et reviennent à une vie de consommateurs éclairés !)


QUIMPER, 3 juin 2005 (AFP) - La cour d'assises du Finistère a condamné vendredi à 5 ans de prison, dont 8 mois fermes couvrant la détention provisoire, les époux Boucher-Durand, reconnus coupables de la mort par malnutrition et absence de soins de leurs fils Kérywan, âgé de 16 mois.

Les époux, qui ont accueilli le verdict avec "soulagement", sont également soumis à une obligation de soins dans le cadre d'une période de mise à l'épreuve de 3 ans.

La cour d'assises présidée par Jean-Luc Buckel a également prononcé une peine de 3.000 euros d'amende pour non assistance à personne en danger à l'encontre des trois médecins qui avaient examiné l'enfant. La cour a suivi les réquisitions de l'avocat général Catherine Sery-Baudry qui avait recommandé aux jurés de prononcer une peine restant "dans un cadre pédagogique", incluant une mise à l'épreuve avec obligation de soins pour continuer à "garder un oeil" sur le couple. "Je crois à leur dangerosité. Il n'ont pas du tout conscience de ce qui s'est passé", avait-elle regretté.

Avant la délibération, qui a duré trois heures, le couple Boucher-Durand a exprimé ses regrets. "Si seulement j'avais pu comprendre que Kérywan était en danger et que sa santé physique nécessitait une réaction immédiate, je n'aurais vraiment pas réagi comme ça", a dit Pascale Durand, affirmant que depuis le drame, le couple avait "complètement changé de vie". "Nous avons rompu tout lien avec la kinésiologie, je sais combien je peux interpréter les choses de façon aberrante", a ajouté Mme Boucher-Durand, actuellement en doctorat de sciences de l'éducation. Même regret de la part de son époux Ronan, ex-ingénieur, puis enseignant en kinésiologie jusqu'au jour des faits et aujourd'hui enseignant vacataire en mathématiques. Il a assuré avoir "changé de métier et d'alimentation" dès leur sortie de prison début août 2001.

Une vie "remaniée"

"Nos enfants, dès la moindre anomalie, c'est le médecin tout de suite (..) on a fait un remaniement complet de notre vie (..) la kinésiologie est radicalement derrière nous. Nous avons à nouveau une alimentation à base de viande et poisson", a-t-il expliqué. Pascale Boucher-Durand a également indiqué que le couple était désormais entouré dans sa vie quotidienne par un "filet de sécurité", des éducateurs pour les enfants, des médecins, des travailleurs sociaux. "Nous cherchons à nous entourer pour qu'il n'y ait plus jamais une situation de ce genre", a-t-elle assuré.

Les époux Boucher-Durand, déjà parents de trois filles âgées de 8 à 14 ans, étaient accusés d'être responsables de la mort à 16 mois, par malnutrition, de leur dernier enfant Kérywan qui avait été nourri exclusivement au lait maternel alors que sa mère suivait un régime quasi-végétarien, selon l'instruction.

La justice reprochait également au couple qui avait fondé à Moëlan-sur-Mer un établissement de kinesiologie, pratique psycho-corporelle importée des USA dans les années 1960, de ne pas avoir fait hospitaliser l'enfant qui aurait pu être sauvé jusqu'au dernier moment, selon plusieurs experts.

Les défenseurs du couple avaient suggéré l'acquittement de leurs clients, au nom du doute qui doit toujours profiter à l'accusé, a rappelé Me Vincent Omez.Celui-ci a notamment regretté le manque d'investigations complémentaires lors de l'autopsie qui faute d'examens complémentaires "n'a pas permis de déterminer les causes exactes de la mort de l'enfant", n'écartant pas "la possibilité d'une maladie génétique ou métabolique".

Avec AFP


ASSISES L'avocat général s'en est aussi pris aux médecins

Les parents de Kérywan condamnés à cinq ans de prison dont huit mois ferme

La cour d'assises du Finistère a condamné aujourd'hui à cinq ans de prison, dont 8 mois ferme couvrant la détention provisoire, les époux Boucher-Durand, reconnus responsables de la mort par malnutrition et absence de soins de leur fils Kérywan, âgé de 16 mois. La cour d'assises a également prononcé une peine de 3.000 euros d'amende contre les trois médecins qui avaient examiné l'enfant et qui étaient poursuivis pour non-assistance à personne en danger. L'avocat général, Catherine Séry-Baudry, avait requis contre eux une peine de cinq ans d'emprisonnement – dont sept mois et vingt-huit jours ferme pour couvrir la période de détention provisoire déjà effectuée et le restant avec sursis, mise à l'épreuve et obligation de soins pendant trois ans.

Quimper : de notre envoyé spécial Cyrille Louis
[03 juin 2005]

(...)

« A vous entendre, s'étonne le président Jean-Luc Buckel, j'ai l'impression que vous établissez un lien clair entre l'intérêt des époux Boucher-Durand pour la kinésiologie et le décès de Kerywan.

– Bien évidemment, assène Armelle Veronesi (tante de Kérywan): à cette époque, il y avait une dimension franchement ésotérique dans la vie de Pascale et Ronan. »

(...)

« A l'évidence, on retrouve dans ce drame plusieurs caractéristiques d'un fonctionnement sectaire, abonde Me Jean-Michel Pesenti, qui représente l'Union de défense des associations pour la défense des familles et de l'individu : dissolution des liens familiaux, mise en danger de l'enfance, méfiance vis-à-vis des médecins...»

(...)

Figaro

 

Haut de page


© CICNS 2004-2015 - www.cicns.net (Textes, photos et dessins sur le site)