L'avant-garde de la manipulation

Par le CICNS (août 2013)  

La MIVILUDES et les associations antisectes développent depuis un certain nombre d’années l’idée que ces mouvements péjorativement baptisés « sectes » sont le siège de manipulations mentales sophistiquées - des techniques qui seraient supposées priver le citoyen de son libre arbitre (voir notre analyse sur le sujet).

Dans le même temps, les instituts de neuromarketing progressent à pas de géant pour tenter d’induire l’acte d’achat par suggestion plus ou moins consciente chez le citoyen, réduit pour l’occasion à sa fonction de consommateur compulsif (un exemple récent dans lequel « une agence de marketing et un groupe de télévision viennent de créer une publicité uniquement perceptible par les voyageurs endormis dans les trains » lorsqu’ils « posent leur tête sur la vitre » à travers « un phénomène de diffusion sonore qui atteint l'oreille interne grâce aux vibrations du crâne »).

Dans une société gangrénée par le tout économique, l’acte d’achat est sacralisé ; tous les moyens sont bons pour le provoquer. Dès lors qu’un citoyen cherche de nouveaux horizons spirituels, thérapeutiques, éducatifs pour sortir de ce cadre oppressant, il fait partie d’une « secte », il devient la cible du système qui cherche à le décrédibiliser ou le déresponsabiliser : ce citoyen est forcément « manipulé mentalement » et subit une « dérive sectaire ».

Clairement, un organisme tel que la MIVILUDES n’a pas pour mission de défendre les individus et la famille, mais a pour objet (de façon consciente ou inconsciente) la défense du système en place, quelles qu’en soient ses dérives. Sinon, il y a longtemps que ce type d’activités marketing, et bien d’autres activités aliénantes, seraient déclarées « dérives sectaires » (bien que cette notion est dévoyée, mais au moins par souci de cohérence). La défense de l’individu n’est que le slogan marketing de la mission et des pouvoirs publics, utilisé pour mettre au pas les tentatives de changement qui dérangent.  

 

 

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