Communiqué de presse du Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités (CICNS)

En dehors de l'imaginaire collectif, le " problème des sectes " n'existe pas

Montpezat de Quercy - 10/06/2006 - 10:00 (CICNS) - Dans une question en date du 30 mai dernier à M. le Garde des Sceaux concernant " le développement des sectes dans notre pays ", M. Eric Raoult, député-maire UMP du Raincy, demande " de lui préciser l'action qu'il compte mener dans ce domaine ".

Pour qui suit régulièrement l'actualité, cette question ne peut manquer d'étonner car, sortis de la campagne de discrimination dont ils sont la cible, les mouvements spirituels sont parmi ceux qui font le moins parler d'eux.

De 2002 à 2005, la politique anti-sectes de la MIVILUDES a paru se rationaliser et s'ouvrir, notamment par l'organisation de différents colloques où les universitaires étaient invités à partager leurs recherches sur la situation des minorités spirituelles. Le tableau ainsi dressé semblait nettement moins alarmant que ne l'avaient laissé croire M. Vivien et la MILS. Pourtant, comme le dit Jean Baubérot dans une interview réalisée par le CICNS, " le changement d'attitude de la MILS combative à la MIVILUDES plus rationnelle ne s'est absolument pas traduit par une situation où on perçoit un danger quelconque. Personne ne peut soutenir ça. Elle ne s'est pas traduite dans les faits par une augmentation des affaires où il y aurait eu de la maltraitance d'enfants, où il y aurait eu des morts. Au contraire, le pays a été extrêmement calme. Pourtant, depuis 2005, il y a ce durcissement de la MIVILUDES, qui n'est dû à aucune affaire. "

Selon Raphaël Liogier, professeur des universités à Aix en Provence et directeur de l'Observatoire du Religieux : " Ce qu'il faut savoir, c'est que le problème des sectes, c'est à peu près l'inverse du problème du chômage. Pourquoi ? Parce que le problème du chômage, c'est un vrai problème. Vous avez tous dans votre entourage quelqu'un qui a un problème de retour à l'emploi, qui a des difficultés, qui connaît la précarité. C'est le contraire du problème des sectes. En dehors de tout l'imaginaire, de toute cette diffusion généralisée, il n'y a pas de problème social global lié aux sectes. "

A l'heure où l'on envisage de placer nos écoles sous videosurveillance parce que le port d'armes a augmenté de 73%, selon les Renseignements Généraux ; où toutes les institutions - judiciaires, politiques, sociales - perdent la confiance des citoyens ; où, enfin, les défis posés par notre société sont nombreux et vastes, une question s'impose : pourquoi nos élus sont-ils si concernés par un problème qui n'existe pas ?

Le CICNS continuera d'oeuvrer pour que la voix des minorités spirituelles soit entendue parce qu'elles proposent des clés pour un " vivre ensemble " où les conflits s'apaisent, qu'elles offrent des solutions concrètes dans de nombreux domaines : la spiritualité, l'éducation, la santé, la qualité de la vie, et qu'elles encouragent l'esprit d'initiative, l'innovation et la créativité. Ce qu'on aimerait voir davantage, en France.

Contact : Service Presse du CICNS - Valérie Dole - 06 34 11 49 58 - Presse@cicns.net - http://www.cicns.net

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