Communiqué de presse du Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités (CICNS)

La rumeur ne touche pas que les minorités spirituelles. Qui en tirera la leçon ?

Montpezat de Quercy - 11/5/2006 - 9:00 (CICNS) - " Ce n'est pas en entrant dans la logique des boucs émissaires que nous ferons grandir notre démocratie. (...) Rien ne sert jamais de hurler avec les loups ! " Comme ces mots de M. de Villepin, premier ministre dont dépend la Miviludes, seraient justes et bons s'ils s'appliquaient non seulement à l'affaire qui le concerne mais à toutes celles des minorités spirituelles de notre pays.

Les avocats assurant la défense des mouvements spirituels s'accordent tous sur ce point : une personne ou un groupe accusé de déviances sectaires n'a aujourd'hui aucun recours judiciaire pouvant garantir que son honneur et sa réputation soient définitivement lavés et rétablis. Lorsqu'une rumeur se propage, les gens vont la croire d'autant plus facilement si elle est négative. Si elle est positive, ils vont s'interroger et réagir la plupart du temps en disant que de toutes façons, il n'y a pas de fumée sans feu. 

En 1993, il y eut un assaut de police mémorable sur la communauté appelée " La Famille ", dans leurs résidences de Lyon et de Marseille où plus de 200 agents des forces de l'ordre, armés de fusils mitrailleurs, ont forcé les portes à coups de haches. Les parents ont été arrêtés, menottes aux poignets, devant leurs enfants. 33 enfants ont été séparés de leurs parents pendant 7 semaines. Les autorités agissaient à partir d'accusations de l'ADFI qui, pendant des années, avait en effet accusé ce mouvement spirituel de prostitution, de maltraitance d'enfants et autres activités illégales. Six ans après l'assaut, la cour d'Aix en Provence jugea que ces allégations étaient sans fondement et l'affaire fut close. Il semble que sur les 23 adultes ayant subi une inculpation, un seul ait finalement été condamné à une peine avec sursis et ait perdu la garde de ses enfants au profit de sa femme divorcée. 22 ont été, en tout état de cause, relaxés définitivement en janvier 1999. L'ADFI n'a jamais présenté aucune excuse pour la douleur et les traumatismes causés à ces familles et n'a jamais rien publié pour corriger les fausses informations qu'elle avait diffusées. 

Dans son dernier livre, " L'affaire Schaller - Mon combat contre la rumeur ", Dr Christian Tal Schaller raconte son engagement pour " une santé globale " qui lui a valu, ainsi qu'à sa femme Johanne, d'être poursuivi par la justice. Selon lui, " leurs enseignements prônant une spiritualité nouvelle, délivrée des dogmes et des conflits religieux du passé, une spiritualité individuelle et tolérante, leur vaut parfois les réactions négatives de ceux qui veulent encore faire régner la dictature du profit et imposer à tous leurs normes sociales, politiques ou idéologiques ". Son témoignage lucide et éloquent nous donne à voir et à entendre la réalité de personnes que la chasse aux sectes à la française a tenté d'écraser - comme des centaines d'autres - pour parvenir, au terme de ces huit ans de procès, à ce qu'aucune accusation ne soit retenue contre lui.

Dans l'affaire Gettliffe-Grant, un père canadien est empêché depuis plusieurs années de voir les deux enfants conçus avec sa femme française, Nathalie Gettliffe, sous prétexte qu'il fréquente l'Eglise Internationale du Christ. Le seul tort de cette église, selon Info-Secte Montréal, est d'avoir des recruteurs très actifs sur les campus universitaires. Qu'en diraient nos partis politiques ! Une association ardéchoise se crée pour protéger les enfants, soutenue par une subvention de la commune. Le nouveau compagnon de Mme Gettliffe est journaliste au Dauphiné Libéré. Epaulé par le maire qui a fait voté par son conseil municipal une motion de soutien aux deux enfants, il lance une campagne de dénigrement de l'Eglise fréquentée par le père. Lors du jugement rendu par la cour d'appel de Nîmes en juillet 2004, qui condamne Mme Gettliffe à rendre les enfants à leur père, les magistrats notent : " En définitive, l'important dossier versé aux débats devant la cour sur les sectes et leur caractère dangereux cache en réalité une divergence importante entre les parents sur leur mode de vie respectif... " et " La pétition de plus de 3000 signatures à l'initiative de l'association créée pour " protéger Maximilien et Joséphine ", obtenue " pour que la cour d'appel prenne en compte l'intérêt réel des enfants ", caractérise davantage une volonté de pression sur la juridiction saisie dans le cadre de l'exécution et de l'interprétation d'une convention internationale, par l'instrumentalisation des enfants et la diabolisation de leur père, qu'une volonté de compassion et d'aide à leur égard... " Ce jugement pourrait faire jurisprudence et servir de modèle à bien d'autres rendus dans des cas similaires " entre Français ". Mais dans le contexte actuel, il est permis de penser que les commentaires des magistrats de Nîmes auraient été bien différents si la cour n'avait été tenue de rendre un jugement conforme aux accords internationaux de la Haye. Un père français, seul, serait parfaitement démuni devant la force d'une telle rumeur.

Mais les cibles de la rumeur ont provisoirement changé et nous sommes obligés d'ouvrir les yeux sur les mensonges et les incohérences de ceux qui nous gouvernent, ceux-là même qui commandent des rapports sur les " manipulations des sectes ". L'heure des boucs émissaires les plus faibles reviendra vite, nous en avons l'habitude. Mais le CICNS continuera également de veiller afin que le mensonge ne tienne pas toute la place publique. 

Contact : Service Presse du CICNS - Valérie Dole - 06 34 11 49 58 - Presse@cicns.net - http://www.cicns.net

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