Communiqué de presse du Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités (CICNS)

Une commission votée dans l'urgence pour entretenir la phobie collective contre les minorités spirituelles  


Montpezat de Quercy - 04/07/2006 - 23:00 (CICNS) - Le 28 juin 2006, la proposition de résolution de M. Philippe Vuilque " tendant à la création d'une commission d'enquête relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et mentale des mineurs ".a donc été adoptée à l'unanimité des députés présents. Soit deux jours avant la fermeture estivale de l'Assemblée nationale.

Tout a été fait pour que, sous la pression d'un député, M. Philippe Vuilque (PS), qui, selon les termes de Mme Martine David (PS) a réussi à " arracher la création de cette commission d'enquête " et " n'a pas ménagé sa peine pour emporter la conviction ", cette résolution adoptée dans l'urgence au point de " bousculer l'ordre du jour de l'Assemblée ", soit votée à l'unanimité, " unanimité dont nous sommes sûrs, au fond ", selon M. Guy Geoffroy (UMP).

Nous ne savons pas combien de députés se tenaient dans l'hémicycle. Pendant cinquante minutes, dix ont pris la parole et force est de constater le manque total de substance dans les arguments avancés pour justifier la création de cette nouvelle commission d'enquête :

M. Jean-Pierre Brard (PC) reproche aux " organisations sectaires " " leur capacité à s'adapter, à faire pression ". Le seul exemple trouvé ne manque pas de convaincre ses confrères : une association de défense de la liberté de conscience s'est permise d'écrire une lettre à M. Jean-Louis Debré au sujet de cette proposition de commission d'enquête. " Cette lettre témoigne des méthodes que ces organisations criminelles utilisent. Je souhaite à cet égard saluer le rôle que vous avez joué, le président de l'Assemblée nationale et vous-même, monsieur le président de la commission des lois (M. Philippe Houillon), pour que nous nous réunissions ce matin et prenions la décision de constituer cette commission d'enquête. "

L'audace était trop grande et nécessite effectivement " une adaptation de la politique mise en œuvre pour lutter contre les pratiques répréhensibles des organisations sectaires. "

M. Philippe Vuilque, quant à lui, se réjouit du caractère non partisan des débats qui entourent la question des sectes. " Cette commission d'enquête, qui est attendue par la Miviludes et par toutes les associations de lutte contre les dérives sectaires, est redoutée par les organisations sectaires. Comme l'a récemment montré la commission Outreau, une commission d'enquête conduite dans un esprit non partisan est à l'honneur du Parlement. Je vous demande donc d'adopter à l'unanimité cette proposition de résolution. "

Notez la subtilité, utilisée également par Mme Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris, durant la journée " Sectes et Enfance " le 30 mars 2006, à St Priest, qui vantait le caractère " non partisan " des débats entourant la question des sectes au sein de pouvoirs publics de la ville de Paris. Là où les universitaires (sociologues, ethnologues, historiens) et tous les mouvements spirituels minoritaires demandent, depuis de nombreuses années, la possibilité d'un débat contradictoire dans l'enceinte du Parlement, nos " élus au suffrage universel " se vantent de l'absence totale de contradiction et de l'unanimité imposée au débat.

Mme Martine David nous assure que l'utilisation de listes noires n'est pas terminée, contrairement à ce que d'aucuns espéraient : " Il faut donc renforcer la publicité et rendre aisément accessible la liste des organisations présumées sectaires. "

Il est question également d'empêcher les mouvements spirituels de se réunir : " De même, on ne peut laisser certains mouvements se livrer à une propagande sans contrainte. Comme l'a souligné Jean-Pierre Brard, nous devrons examiner la situation des maires confrontés à des rassemblements de très grande ampleur, comme celui qu'organisent les Témoins de Jéhovah dans trois semaines à Lens. Le stade de cette ville étant une enceinte privée, le maire est privé de moyens d'action efficaces pour empêcher cette vaste campagne. Or les conséquences de telles manifestations sont toujours très graves pour les mineurs vulnérables. "

La commission d'enquête citoyenne initiée par le CICNS répondra aux interrogations soulevées quant à la prétendue délinquance des minorités spirituelles.

Contact : Service Presse du CICNS - Valérie Dole - 06 34 11 49 58 - Presse@cicns.net - http://www.cicns.net

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