Communiqué de presse du Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités (CICNS)

Assauts de la gendarmerie sur les minorités spirituelles en France

Montpezat de Quercy - 19/09/2006 - 18:50 (CICNS) - Le monde entier connaît la thèse officielle du " suicide collectif " largement médiatisée lors des drames du Temple du Peuple à Jonestown en 1978, des Davidiens à Waco en 1993, de Heaven's Gate en Californie en 1997 et de l'Ordre du Temple Solaire où 72 personnes sont mortes entre 1994 et 1997, au Québec, en Suisse et en France.

De nombreux éléments d'enquête, dans chacun des cas, ont toutefois permis de remettre en cause cette thèse officielle et aujourd'hui, la théorie du suicide est une véritable insulte à la mémoire des personnes impliquées.

Pourtant, la répression organisée contre les mouvements spirituels en France s'appuie essentiellement sur cette version officielle du " suicide collectif des sectes " pour répandre la peur dans notre société. Et depuis vingt-cinq ans, dans l'ignorance ou l'indifférence générale, des individus, des familles ou des associations subissent des assauts de la police nationale ou de la gendarmerie d'une grande brutalité à partir de la simple accusation d'être une " secte ".

De violentes perquisitions ont été menées tôt le matin, parfois devant des enfants traumatisés, au prix de graves conséquences psychologiques. Chaque fois, de nombreuses irrégularités se sont révélées et les motifs invoqués pour justifier ce genre d'assauts barbares ont été abandonnés en cours d'enquête, pour aboutir soit à des peines n'ayant aucun lien avec l'accusation de départ, soit à des non-lieux.

Quelques exemples parmi d'autres :

Longo Maï, colline de Limans (Alpes de Haute Provence) : 29 novembre 1989, assaut de la communauté agricole Longo Maï. A sept heures du matin, deux cent CRS, gardes-mobiles, inspecteurs de la police judiciaire, de la DST et des gendarmes locaux sont déployés, des camions barrent les voies d'accès et deux hélicoptères survolent les lieux. Tout le monde est poussé dehors, en pyjama ou à moitié nu dans le froid, les enfants comme les adultes. Les adultes doivent s'agenouiller, les mains sur la tête, devant leurs enfants, sous la menace des armes. Le matériel de la radio est cassé, tous les bâtiments sont fouillés. On apprendra que le gouvernement a agi sur demande du gouvernement allemand qui suspectait Longo Maï de servir de base arrière aux militants kurdes. Cette journée, particulièrement traumatisante, a été un assaut pour rien.

La communauté Horus (Drôme) : en septembre 1991, cette communauté agraire voit les gendarmes et les médias débarquer sur leur propriété. Le reportage issu de cette journée est une manipulation des faits, comme c'est souvent le cas. Un avocat invité sur les lieux a servi de médiateur afin que l'assaut ne tourne pas au drame.

La communauté de La Famille, ex " Enfants de Dieu " (toute la France) : le 9 juin 1993, dans plusieurs des 30 communautés de la Famille en France, 200 gendarmes ont interpellé 43 membres adultes et 143 mineurs de 3 mois (sic) à 16 ans. Adultes menottés, jetés au bas d'escaliers et traînés sur les graviers. Six ans plus tard, les accusés étaient acquittés. Les communautés de la Famille ont subi plusieurs assauts de police au début des années 1990, dans plusieurs pays, avec les mêmes résultats.

Le professeur Beljanski (Isère) : le 9 octobre 1996, ce médecin de 74 ans voit surgir chez lui plus de 200 gendarmes cagoulés, certains armés de bazookas, des membres du GIGN (pour arrêter 3 personnes !) qui l'emmènent menotté en TGV jusqu'à Pau. L'assaut est décrit par les témoins comme d'une grande violence. Profondément choqué, il va mourir deux ans plus tard et ne sera disculpé des accusations portées contre lui qu'à titre posthume. La France a en effet été condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme, pour dépassement du " délai raisonnable " de l'instruction et violation de la Convention européenne des droits de l'homme, compte tenu de l'âge de Mirko Beljanski et de l'atteinte portée à sa réputation de scientifique et au sérieux de ses recherches.

Tabitha's place (" Ordre Apostolique " ou " Les 12 tribus ") (Pyrénées-Atlantiques) : le 7 avril 1997, à la suite du décès d'un enfant, près de 50 gendarmes, 12 médecins et le procureur de la République de Pau investissent la ferme de la communauté afin de " vérifier l'état de santé des enfants " (lors d'un assaut, des bungalows de la communauté ont été détruits au bulldozer). Ils ne trouvèrent aucune trace de mauvais traitement et il n'y eut donc pas de poursuite judicaire en conséquence de cet assaut. En 1996, 30 gendarmes avaient déjà effectué une visite de la même communauté sans rien trouver d'anormal. Les parents de l'enfant décédé ont cependant été condamnés en 2001 pour " privations alimentaires et de soins ayant entraîné la mort ". Il est difficile d'imaginer que ces parents pleins d'amour auraient été ainsi accusés si l'enfant, atteint de naissance d'une grave maladie cardiaque, était mort au cours d'une intervention chirurgicale à haut risque, ce qui était possible médicalement, ou si ses parents n'étaient pas dans une communauté spirituelle.

Ogyen Kunzang Choling (OKC) (Alpes de Haute-Provence) : 30 mai 1997, 150 gendarmes soutenus par deux hélicoptères (" pour éviter toute surprise désagréable ", selon le commandant de gendarmerie) investissent par surprise et pendant six heures le lieu de résidence d'une communauté proche du bouddhisme tibétain, la propriété de " château de soleils ". Rapidement, des ossements attirèrent l'attention mais " heureusement, un médecin appelé sur les lieux a pu confirmer qu'il ne s'agissait pas d'ossements humains " (!). 30 enfants ont été auditionnés mais personne n'a été emmené par les gendarmes. Un procès en 1996 avait abouti à une relaxe de plusieurs membres de la communauté. Cela n'a pas empêché une nouvelle " visite " similaire en mars 2000 sans plus de " résultats ".

Le Domaine de Faujas, résidence du Docteur Tal Schaller (Drôme) : 10 octobre 1997, trois bataillons de gendarmes lourdement armés pénètrent dans la propriété du docteur Christian Tal Schaller que les autorités avaient associée à l'affaire du Temple Solaire parce que le nom de ses éditions s'appelaient " Vivez soleil " ! Des véhicules militaires se sont enfoncés aux quatre coins de la propriété pour prévenir des fuites éventuelles de membres de " la secte ". Après de multiples interrogatoires sur six heures, rien n'a pu être trouvé démontrant qu'il y avait une quelconque activité sectaire de leur part et le Dr Tal Schaller a finalement été lavé de tous soupçons à la Cour d'Appel de Grenoble en octobre 2005.

La communauté de Terranova (Aveyron) : le 20 novembre 2000 à 6h du matin, une petite communauté spirituelle de l'Aveyron a dû subir l'assaut brutal d'une soixantaine de gendarmes lourdement armés. Des séquelles psychologiques sont toujours présentes chez les enfants et les adultes six ans plus tard. La longue liste des accusations s'est révélée sans fondement et les condamnations finales, dérisoires, ne semblent là que pour justifier un tel déploiement de force.

La communauté du Mandarom (Alpes de Haute-Provence) : le 5 septembre 2001, la statue du Mandarom est dynamitée par les forces de l'ordre qui se présentent lourdement armées sur la propriété de la communauté pour évacuer " les fidèles ". La communauté a démontré que l'accusation qui lui était faite d'un défaut de permis de construire pour cette statue était mensongère.

Il semble que ces actions en force visent essentiellement à créer une intimidation dans les minorités spirituelles. L'effet est garanti et peu ont le courage de se plaindre ; ils choisissent de laisser le temps panser leurs plaies.

Le CICNS publie des témoignages sur ces affaires dont nos concitoyens ne connaissent souvent, là encore, qu'une version officielle souvent fallacieuse. Nous vous invitons à visiter notre site et plus particulièrement la page sur le dossier correspondant : www.cicns.net/Assauts.htm.

Contact : Service Presse du CICNS - Valérie Dole - 06 34 11 49 58 - Presse@cicns.net - http://www.cicns.net

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