Communiqué de presse du Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités (CICNS)

Le monstre doux de la lutte antisectes française

Montpezat de Quercy - 31/10/2011 -16h00 (CICNS) -

Le 1er octobre 2011, nous alertions la presse sur le projet de création d’un diplôme universitaire de 3ème cycle traitant de l’ « emprise sectaire et processus de vulnérabilité ».

En matière de politique antisectes, le pire, en France, est toujours certain. Le conseil d’administration de l’université Paris-Descartes s’est apparemment prononcé favorablement pour la création de ce diplôme, dont la description est présente, avec le logo de la MIVILUDES, sur le site de l’ADFI, un signe révélateur de la mainmise de l’Etat sur ce sujet (à noter que les ADFI sont financées à plus de 90% par l’État). Selon l'ADFI, le cours débutera en décembre 2011 (source).

Les coordonnateurs et responsables de ce cursus seront Hervé Machi (secrétaire général de la MIVILUDES) et Sonia Jougla (psychologue travaillant depuis plusieurs décades auprès des associations antisectes). Qu'une université se fasse le relais de ce qu'il faut bien appeler une propagande d'Etat laisse sans voix. Notons que ce diplôme mentionne les « victimes de sectes » et non pas les victimes de « dérives sectaires », tant l’impunité intellectuelle (car l’énormité des propos tenus par les acteurs antisectes mériterait une critique sans concession), et désormais probablement également l’impunité juridique des acteurs de la MIVILUDES les rend arrogants, les dispensant même du minimum de discours de façade qu’ils affectionnent. Mais peut-être est-ce pour le mieux : il est possible d’espérer que, l’hypocrisie en moins, le contexte européen en la matière puisse remettre à l’endroit plus rapidement les esprits « déboussolés » menant la lutte antisectes française.

Rappelons à toutes fins utiles que la notion d’emprise telle qu’elle est utilisée à l’encontre desdites sectes est une fraude intellectuelle. Mais cette supercherie n’entrave hélas en rien le déploiement d’une politique s’apparentant à ce que certains sociologues appellent le « monstre doux » pour désigner la lente dérive totalitaire d’une société aux abois. Bien entendu, le monstre n’est pas doux pour ceux qui sont mis à l’index, à savoir les minorités spirituelles, thérapeutiques et éducatives. Il permet par contre de maquiller, auprès du public, l'intolérance en politique de prévention et de sécurité.

L'étude de l’émergence de nouveaux choix de vie nécessite des esprits ouverts, attentifs et respectueux des libertés fondamentales (voir notre projet d’Observatoire). Or les esprits les plus étriqués, avec pour seule méthodologie le soupçon et la peur, ont préempté ce sujet de société. Il serait temps que les personnes sensées de ce pays se réveillent et disent « stop ! ». Le CICNS s’étonne de cette désertion consensuelle qui n’a que trop duré. 

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