Communiqué de presse du Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités (CICNS)

Le débat sur la laïcité abordera-t-il les dérives de la lutte antisectes ?

Montpezat de Quercy - 18/03/2011 - 7h55 (CICNS) -  

Un « débat » sur la laïcité serait engagé, si l'on en croit divers responsables politiques de la majorité. Accordons avec beaucoup d’indulgence à ces responsables le bénéfice du doute quant au fait qu'une initiative d’abord  présentée comme une réflexion sur l'Islam ait été rebaptisée avec sincérité « débat sur la laïcité ». Accordons à Claude Guéant, le nouveau ministre de l’Intérieur, le bénéfice du doute lorsqu’il assure que : "Ce débat doit répondre aux attentes des Français dans un souci de cohésion nationale et garantir le libre exercice de tous les cultes" (L’Express).

« Tous les cultes ». Il convient alors de lever un autre doute : la question des minorités spirituelles, toutes discréditées au niveau des pouvoirs publics, du Parlement et des médias par le label désormais diffamatoire de « sectes », sera-t-elle abordée ? Rappelons aux esprits subtils qui préciseraient qu'une « secte » n'est pas un culte, que l'Etat est censé ne reconnaitre aucun culte et donc encore moins une « secte » ou un « mouvement sectaire » et que le refus du « statut cultuel » (un simple instrument d’obtention d’avantages fiscaux) n'empêche pas un groupe de se déclarer « à vocation spirituelle » ou même « cultuel » à la Préfecture. C'est donc bien la pratique spirituelle, quelle qu'elle soit, qui est protégée par la loi de séparation entre l’Etat et le religieux ; en principe, puisqu'à l'évidence la loi n'est pas appliquée. Peut-être faudrait-il commencer par là en en respectant l'esprit ?

Il est clair que la politique de la MIVILUDES est contraire à l'esprit de la loi de 1905 en mettant à l'index plus de 500 000 citoyens (selon les chiffres mêmes de la mission) pour leur choix alternatifs spirituels qualifiés de façon méprisante de « dérives sectaires ». Il en résulte qu'un débat sur la laïcité, s’il n'aborde pas la question de la place des minorités spirituelles et de conviction dans la société et ne dénonce pas les dérives de l’action de la MIVILUDES associée à son bras armé au Ministère de l’Intérieur, la « CAIMADES », aura raté un point essentiel d’une réflexion désormais indispensable. 

Le CICNS se tient à la disposition du Ministère de l’Intérieur pour contribuer à ramener un peu d’intelligence dans le traitement de la question desdites « sectes ». 

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