Communiqué de presse du Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités (CICNS)

 

L'hypocrisie consommée de la lutte contre les sectes

 

Montpezat de Quercy - 22/09/2009 - 8h00 (CICNS)  

 

Sur le site du Sénat, les sénateurs About et Payet abordent la question sectaire en évoquant la "bourde" parlementaire qui empêche désormais de prononcer la dissolution d'une "secte" en cas d'escroquerie, sanction qu'il convient, selon eux, de rétablir. L'émoi médiatique déclenché autour de cette erreur a clairement mis en évidence une bizarrerie française : une escroquerie commise dans une secte est, sans commune mesure, beaucoup plus perverse que dans un autre contexte puisque le rétablissement de la sanction de dissolution n'a été évoqué à grands cris que dans ce contexte-là. Personne n'a cherché à comprendre si cette attitude était justifiée alors que chaque jour nous démontre l'impunité avec laquelle la finance mondiale déploie ses pratiques délétères (voir notre analyse sur le rapport à l'argent).

MM. About et Payet parlent d'une "situation particulièrement grave qui portera inévitablement atteinte à l'efficacité du combat contre les sectes". Or la France ne lutte plus en principe contre les sectes, depuis 2002, mais lutte contre les dérives sectaires. Pour faire bonne figure, les sénateurs évoquent un amendement d'un texte de loi sur la formation professionnelle permettant selon eux de lutter contre les dérives sectaires. Dans leur commentaire, les parlementaires résument parfaitement l'hypocrisie de la politique française en la matière. En rapport avec les textes de lois, les "dérives sectaires" sont évoquées (expression beaucoup plus présentable, dans un contexte européen peu enclin à suivre l'exemple français) ; hors cadre législatif strict, par contre, les avis exprimés publiquement prennent pour cibles, avec violence, les groupes mêmes.

Il est nécessaire que cette hypocrisie cesse. Que les pouvoirs publics et les parlementaires affichent clairement leur position, qu'ils reconnaissent lutter contre les minorités spirituelles, parce que selon eux, et sans en apporter la preuve, ces groupes seraient un danger pour la République. Quelques condamnations et procès en cours sont utilisés comme des arbres cachant la forêt qu'ils veulent abattre. Une fois cette franchise affichée, les autorités françaises auront alors à défendre cette position au sein des instances européennes, en s'abstenant d'invoquer la défense des droits de l'homme et des principes de laïcité franco-français qui apparaissent hors sujet.

Le CICNS encourage tous les acteurs de la société, désireux de rétablir un peu d'honnêté intellectuelle, à dénoncer cette hypocrisie et invite les médias à faire preuve d'un minimum de perspicacité et d'intelligence sur la question. ll est temps.

Contact : Service Presse du CICNS - Denis Mathieu - 06 34 11 49 58 - Presse@cicns.net - http://www.cicns.net

 

 

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