Communiqué de presse du Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités (CICNS)

L'affaire de l'ex-directeur de Libération fera-t-elle avancer les droits de tous les citoyens ?

 

Montpezat de Quercy - 5/12/2008 - 14h00 (CICNS) 

 

La garde à vue dégradante subie par l'ancien directeur du journal Libération pour une affaire de diffamation, a suscité l'émoi et l'indignation dans la classe politique et dans le monde médiatique (Le Monde, Le Monde). Ces réactions sont compréhensibles mais méritent commentaires. 

 

Les acteurs politiques semblent faire une découverte. Jack Lang déclare : « La France est-elle encore un Etat de droit? Non seulement il est gravement porté atteinte à la liberté d'expression mais surtout à la dignité des personnes ». Ces méthodes policières seraient-elles une particularité récente des forces de l’ordre, liée à l’exécutif actuel ? Le chef de l’Etat quant à lui précise qu’il « comprenait l’émoi suscité par les conditions d’exécution d’un mandat de justice à l’occasion d’une affaire de diffamation ». Il annonce la création d’une mission de réflexion visant à définir « une procédure pénale plus respectueuse des droits et de la dignité des personnes » (Libération). Si l’émoi est justifié à ses yeux, que n’a-t-il lancé cette mission spontanément ? Son expérience de Ministre de l’Intérieur ne l’a-t-elle pas forcément sensibilisé très tôt à cette situation ?

 

Quant aux journalistes, la plupart défendent fort naturellement leur profession mais sans examen complet de la situation. Eric Fottorino précise dans son commentaire sur l’arrestation de l’ex-PDG de Libération : « Cet acte en dit long sur des pratiques qui touchent chaque année des dizaines de milliers de citoyens anonymes interpellés sans ménagement et ne disposant pas de relais pour se faire entendre » (Le Monde). Nous lui savons gré de sensibiliser l’opinion sur un problème qui n’est pas limité à un individu, journaliste de profession. Mais si ces citoyens ne disposent pas de relais, n'est-ce pas parce que les médias ne remplissent pas ce rôle qui leur est dévolu ? Leur mission n'est-elle pas d’investiguer et d’alerter ?

 

Dans notre précédent communiqué, nous déplorions l’absence de réactions à des propos irresponsables tenus par le président de la MIVILUDES. Le "relais" éclairé des médias devrait commencer dès cette étape verbale. Toute indifférence ou manque d’approfondissement de leur part sur la question des dérives sectaires, fait le lit des abus policiers qui ne manqueront pas de se reproduire et seront même cautionnés.

 

Le CICNS souhaite que l'affaire en cours du journal Libération ne soit pas l’occasion d’illustrer l’opportunisme politique ou le corporatisme des journalistes. Les médias pourraient saisir cette occasion de réévaluer leur traitement de la question des dérives sectaires en prenant en compte le travail de notre association et en permettant ainsi que les atteintes à la dignité des personnes constituent un vrai dossier sur le bureau du gouvernement.

 

Contact : Service Presse du CICNS - Denis Mathieu - 06 34 11 49 58 - Presse@cicns.net - http://www.cicns.net

 

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