Communiqué de presse du Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités (CICNS)

La polémique actuelle sur les sectes permettra-t-elle l'ouverture du débat ?      

Montpezat de Quercy - 21/02/2008 - 18h44 (CICNS) - Les propos qu'aurait tenus Mme Mignon, directrice du cabinet de Nicolas Sarkozy, publiés dans VSD ce mercredi 20 février ("Les sectes sont un non-problème"), ont soulevé une tempête. Depuis, le vent souffle en tous sens et agite les opinions comme feuilles mortes en automne. Cette " confusion " dénoncée par Catherine Picard pourrait-elle être un bienfait ?

Depuis quelques mois, les discours et diverses déclarations du gouvernement secouent les branches d'un ordre établi que beaucoup ne songeaient plus à remettre en cause. Pourtant, peu d'autres sujets méritent autant de remise en cause que cette lutte anti-sectes à la Française, dont Me Bernard Biro, avocat et mieux placé que beaucoup pour en débattre, disait avec justesse : " On s'est doté d'un énorme arsenal pour courir comme Tartarin de Tarascon après le fauve qui hantait la forêt publique. On n'a guère trouvé d'animaux dangereux et on a produit des effets désastreux dans la population, notamment cette phobie collective qui s'est emparée du pays. (…) Voilà le bilan, un bilan totalement désastreux. "

La polémique actuelle autour des propos d'Emmanuelle Mignon pourrait-elle être saisie comme une occasion de reconsidérer certains a priori sur la question des sectes en France ? Pourrait-on envisager aujourd'hui, dans notre société dite démocratique, un débat public à l'Assemblée nationale, qui réunirait les universitaires, les juristes, les sociologues, les historiens spécialistes du sujet, ayant étudié sur le terrain le fonctionnement des groupes listés dans le rapport de 1996 ?

Mme Mignon déclare : " Soit ces mouvements troublent l'ordre public et abusent de la faiblesse psychologique des personnes et dans ce cas ils doivent être poursuivis ; soit ils ne troublent pas l'ordre public et ils doivent alors pouvoir exister normalement, conformément au principe de la liberté de conscience. " Cette analyse pertinente a le mérite de sortir le débat du niveau émotionnel où il s'enlise pour le ramener là d'où il n'aurait jamais du sortir : la loi, applicable à tous équitablement.

25 ans de matraquage médiatique ont transformé des centaines de personnes inoffensives en un " véritable fléau social ", le seul fléau connu dont on cherche en vain les victimes comme en témoignent la grande majorité des auditions de la dernière commission d'enquête parlementaire sur les sectes et les mineurs, en particulier celles des représentants de huit ministères (voir les commentaires du CICNS sur ces auditions : http://www.cicns.net/Auditions_Commission_Parlementaire_2006.htm)

Ainsi le CICNS accueille sereinement la polémique actuelle. Les propos du gouvernement en faveur d'une reconsidération de la politique anti-sectes ne nous semblent pas représenter une menace pour la laïcité comme le clament les " anti-sectes " mais une inspiration démocratique de l'action politique qui, au nom du principe de laïcité même, n'a pas à définir les " bonnes " croyances et celles qui devraient être considérées comme " suspectes " (" sectaires "). Cette reconsidération pourrait permettre de dépassionner et d'ouvrir un débat jusqu'ici resté fermé.

Contact : Service Presse du CICNS - Valérie Dole - 06 34 11 49 58 - Presse@cicns.net - http://www.cicns.net

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