Communiqué de presse du Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités (CICNS)

Une reconnaissance du rôle de toutes les formes de spiritualité dans notre société ?    

Montpezat de Quercy - 26/01/2008 - 19h10 (CICNS) - Depuis 1789, aucun chef de l'État français ne s'est prononcé sur les religions comme Nicolas Sarkozy l'a fait dans ses discours à St-Jean de Latran le 20 décembre et à Ryad le 14 janvier, brisant ainsi un tabou vieux de plus de deux cents ans.

" En quelques semaines, Nicolas Sarkozy s'est imposé comme le premier chef de l'Etat aussi soucieux de reconnaître aux religions une place dans la société et dans la " politique de civilisation ". (Le Monde, 17/1/08)

" La France a besoin de catholiques ", a-t-il affirmé, après avoir insisté sur les racines " essentiellement chrétiennes de la France " et fustigé une laïcité qui aurait tenté " de couper la France de ses racines chrétiennes ".

Selon l'expression de Jean Baubérot, titulaire de la chaire Histoire et sociologie de la laïcité à l'École pratique des hautes études, le chef de l'Etat a " transgressé une frontière "." Mais, poursuit le sociologue, d'une certaine manière, ces propos constituent un boomerang par rapport aux excès de républicanisme de ces dernières années ".

Cette attitude " transgressive " chère à Nicolas Sarkozy permettrait-elle un nouveau dialogue entre politique et spiritualité ?

" Dans la République laïque, l'homme politique que je suis n'a pas à décider en fonction de considérations religieuses. Mais il importe que sa réflexion et sa conscience soient éclairées notamment par des avis qui font référence à des normes et à des convictions libres des contingences immédiates. Toutes les intelligences, toutes les spiritualités qui existent dans notre pays doivent y prendre part. Nous serons plus sages si nous conjuguons la richesse de nos différentes traditions. " (Nicolas Sarkozy à St-Jean de Latran, Rome, 20/12/07)

Dans son sillage, le Ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie déclarait le 16 janvier à l'Assemblée nationale : " Nous souhaitons reconnaître le rôle de la spiritualité, de toutes les spiritualités, sous toutes leurs formes. Les Français y sont très attachés. (...) Nous voulons aider toutes les spiritualités à s'exprimer, y compris celles fondées sur l'athéisme " (AFP, 16/01/2008) Dans une interview donnée au journal La Croix, elle confirme : " Les Français sont attachés à cette conception d'une laïcité tolérante, d'une tolérance à l'égard de tous. Elle fait honneur à notre République. " (La Croix, 24/01/2008)

Jean Baubérot souligne avec raison une possible déviation du principe de laïcité : " Le discours de Nicolas Sarkozy porte atteinte à la laïcité dans la mesure où il n'est pas philosophiquement neutre, mais privilégie les convictions religieuses au détriment d'autres convictions, au lieu de respecter toutes les croyances, toutes les convictions, comme cela est dit dans le préambule de la Constitution française. " (Le Monde, 21/01/08)

Certains propos du Président ont particulièrement choqué la " morale républicaine " : " Même celui qui affirme ne pas croire ne peut soutenir en même temps qu'il ne s'interroge pas sur l'essentiel. Le fait spirituel, c'est la tendance naturelle de tous les hommes à rechercher une transcendance. Le fait religieux, c'est la réponse des religions à cette aspiration fondamentale. " " Un homme qui croit est un homme qui espère. Et l'intérêt de la République, c'est qu'il y ait beaucoup d'hommes et de femmes qui espèrent. " (Nicolas Sarkozy à St-Jean de Latran, Rome, 20/12/07)

François Bayrou, président du MoDem, s'en fait le premier l'écho : " Ce n'est pas autre chose que l'opium du peuple que dénonçait Marx. " Le Premier secrétaire du PS, François Hollande, s'insurge : " Je ne dénie pas aux croyants d'être de bons citoyens, mais il y a aussi ceux qui ne croient pas et qui espèrent pour la vie d'aujourd'hui, pas simplement pour la vie au-delà de la vie. "

Pourtant, quand nous voyons comment les minorités spirituelles en France ont été dans le passé condamnées sans discernement, le rouleau compresseur d'une Justice sous influence et de médias sans déontologie écrasant comme de la vermine des projets et des existences sans la moindre considération pour leur valeur et avec l'excuse d'une certaine morale, le CICNS célèbre cet événement exceptionnel d'un chef de l'Etat disposé à rouvrir le débat sur la place de la spiritualité dans notre vie publique et l'invite à une révolution dans le domaine de la morale républicaine.

" Une enquête sur la liberté scolaire lancée en 2007 par la Fondation de Service politique a montré que 20 % des enfants de familles croyantes ont été brimés à l'école ou au lycée en raison de leur foi. Quand en CM1, une institutrice demande à ses tout jeunes élèves de réaliser une carte de vœux, que l'un d'entre eux dessine une crèche, et que l'institutrice la déchire devant toute la classe (" Pas ce genre d'histoire à l'école !) ", où est la liberté de conscience ? Où est la liberté religieuse ? " (" Laïcité positive " : une opportunité, par Thierry Boutet; sur Libertepolitique.com le 24 janvier)

Le débat demande à être ouvert, pour le bien de tous. Comme le souligne Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, dans une interview accordée au journal La Croix le 24 janvier : Question : " N'y a-t-il pas un risque qu'un certain nombre de mouvements sectaires tentent d'obtenir la reconnaissance de leur caractère cultuel ? " Réponse : " Nous avons probablement besoin de repréciser ce que sont les dérives sectaires et leurs qualifications pénales. Je souhaite que l'on puisse, sur ces questions, avoir un regard à la fois objectif, consensuel et protecteur des personnes fragiles. " (La Croix, 24/1/2008)

Le CICNS se présente en tous cas comme un partenaire et un relais pour cette question essentielle dans notre société.

Contact : Service Presse du CICNS - Valérie Dole - 06 34 11 49 58 - Presse@cicns.net - http://www.cicns.net

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