Communiqué de presse du Centre d'Information et de Conseil des Nouvelles Spiritualités (CICNS)

Le spectre de " la secte " dans les jugements de divorce        

Montpezat de Quercy - 08/06/2007 - 09h05 (CICNS) - Par le biais de la psychose créée depuis 25 ans en France, la chasse aux sectes fournit une arme imparable (mais injuste) dans les jugements de divorce. Les affaires médiatisées (comme l'affaire Gettliffe/Grant) montrent à quel degré l'opinion publique est manipulée au point de condamner sans discernement dès que le mot " secte " est évoqué. Les chercheurs et les juristes compétents interrogés sur le sujet en témoignent : l'exploitation de ce filon intarissable pour les conjoints en colère est à l'origine d'une catastrophe juridique à grande échelle.

" (...) Derrière cette phobie collective, une pléthore de procès qui n'ont aucun rapport, tels que des divorces, où les uns accusent les autres d'être dans des sectes. Voilà le bilan, un bilan totalement désastreux. " (Me Bernard Biro, avocat)

" En cas de divorce, les avocats jouent très souvent sur la fameuse liste des sectes qui n'a, paraît-il, pas de valeur légale mais néanmoins est fréquemment utilisée, et utilisent cette liste des sectes pour retirer par exemple la garde des enfants à un père ou à une mère qui ferait partie d'un de ces groupes appelés sectes. " (Anne Morelli, historienne)

" J'ai regardé en dehors des Eglises classiques, d'autres mouvements religieux. Là, j'ai vu des cas innombrables de discrimination religieuse (…). J'ai vu des jugements de divorce rendus uniquement sur le fondement du signalement d'appartenance à une secte. " (Pasteur Dominique Kounkou, sociologue)

" Quand une personne pratique une spiritualité, le membre du couple qui ne pratique pas cette spiritualité (…) va dans la plupart des cas attaquer sur ce point. Pourquoi ? Parce que son avocat va le conseiller en disant : " Là, on a un bon tremplin, on a une belle affaire. " (…) Et tout l'accent est mis dessus. " (Christian Paturel, ancien avocat)

Plusieurs témoignages recueillis par le CICNS révèlent la souffrance de centaines de personnes victimes d'une vengeance rendue facile ainsi que l'inacceptable complicité des médias et de certains magistrats dans des affaires qui demanderaient beaucoup plus de circonspection.

"(Mon mari) a porté plainte auprès du Procureur de la République en lui envoyant un courrier en expliquant qu'il était inquiet pour l'avenir de son fils car sa mère était dans une secte. Et un jour j'ai reçu, ô surprise, une convocation au commissariat de mon domicile. (…) Je me suis retrouvée dans un bureau, comme dans les films (…). Une personne est arrivée et s'est adossée contre le mur avec un air très imposant et a commencé à me poser des questions : il m'a demandé comment je gagnais ma vie, comment je mangeais, qui je fréquentais, comment je me soignais, si je prenais des médicaments, si je prenais des drogues… Et à un moment donné, un autre homme est arrivé. Très excédé, très énervé, il cherchait ses cigarettes et il a commencé à me dire : " Vous savez, les gens comme vous qui sont dans des sectes, on sait, ils fonctionnent tous pareil, on les connaît, on a l'habitude. " (C., témoignage recueilli par le CICNS en mai 2007)

" L'enquête a démontré que les filles ne couraient aucun danger dans ce mouvement spirituel et qu'elles étaient bien élevées, dans de bonnes conditions, le climat psychologique, affectif, tout était ok pour les autorités compétentes. (…) Mais, pour apaiser psychologiquement leur père, il a été quand même décidé que les filles n'auraient plus le droit de participer à ces activités. Mon mari n'a pas du tout été calmé parce que pour lui, il fallait que ça aille beaucoup plus loin (…). " Finalement ce sont les filles qui ont souffert de cette histoire, et c'est plus tard qu'elles ont compris que c'était pour régler un problème affectif. " (A.-M., témoignage recueilli par le CICNS en mai 2007)

" C'était une période où je commençais à me sentir mieux, donc j'ai pu enfin trouver en moi l'énergie suffisante pour demander à mon mari de divorcer, chose que je voulais faire depuis des années mais il était farouchement opposé à ça, il ne voulait pas en entendre parler. Il en a beaucoup parlé à mes fils aînés qui étaient majeurs, et ils se sont mis en tête, tous, que je devais faire partie d'une secte, ce n'était pas possible que je veuille par moi-même divorcer, c'était inimaginable, il fallait qu'on m'ait monté la tête. Et c'est là qu'ils ont décidé d'aller voir l'ADFI. L'ADFI a dit : " Vous ne vous rendez pas compte, votre mère, ce n'est pas vraiment une secte dans laquelle elle est mais elle risque de rencontrer des gens extrêmement dangereux, donc elle peut être entraînée dans une secte, elle peut entraîner vos deux petits frères (mes deux derniers enfants qui étaient mineurs), et à ce moment-là, pour les sortir de là, ce sera impossible. Pour éviter tout ça, à titre préventif, il vaut mieux lui enlever la garde des enfants. " (…) L'avocat a dit que (...) le dossier allait être monté de telle façon que je ne pourrais pas m'en sortir. Le but était de me mettre sous tutelle, en fait : tutelle non officielle mais m'infantiliser, me traiter comme une irresponsable, incapable d'avoir la compréhension de ses actes. " (...) Mon mari, après - mais ça il n'a jamais voulu le dire devant les enfants - m'a dit à deux reprises qu'effectivement il voulait se venger de moi. " (M.-C., témoignage recueilli par le CICNS en mai 2007)

Le CICNS œuvre pour informer l'opinion publique des conséquences souvent dramatiques de ces vingt-cinq dernières années de lutte contre les minorités spirituelles afin de ramener dans ce débat un peu d'humanité et d'ouverture d'esprit. Voir les interviews vidéo des témoignages ci-dessus sur : http://www.cicns.net/Divorce_Sectes.htm.

Contact : Service Presse du CICNS - Valérie Dole - 06 34 11 49 58 - Presse@cicns.net - http://www.cicns.net

A lire également, un autre communiqué du CICNS : L'appartenance à une minorité spirituelle serait-elle une arme fatale pour obtenir la garde d'un enfant ?

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