Anthroposophie

Suite au journal télévisé de l3 heures sur la chaîne France 2 du 17 juin 1999, où "répondant aux questions des journalistes Rachid ARHAB et Carole GUESSLER sur la notion de secte et ses critères, sur l'endoctrinement des fidèles et sur le financement des mouvements sectaires, Jacques GUYARD a formulé, à propos de l'anthroposophie, les commentaires suivants :

"Elle est typique. Tous ces mouvements sont d'abord séduisants, et puis il s'avère que leur objectif principal, c'est quand même ou de détourner de l'argent, ou d'exercer un pouvoir absolu sur des personnes et de les utiliser."

"Là, il y a endoctrinement tout à fait clair. Il y a des manuels, des apprentissages obligatoires, il y a le fait d'obliger à vivre en collectivité, qui est une manière de tenir les gens, qui abandonnent en général tous leurs biens à la collectivité"

"D'abord, elle collecte des dons qui ont un caractère visiblement obligatoire, c'est-à-dire que l'on est forcé de verser des cotisations qui sont confortables. D'où ce revenu qui a été annoncé. Vous savez, c'est un petit groupe, l'anthroposophie. Ils ne sont pas très nombreux. Pour produire plus de trente millions de francs, eh bien il faut presser le citron, si j'ose dire. Et puis par ailleurs l'aspect médical est inquiétant. On a des exemples, des témoignages précis de malades de maladies gaves, qui ont cru qu'ils pouvaient arrêter tous les traitements parce que l'anthroposophie allait les guérir"

- à la suite de la diffusion de ce journal télévisé, le Mercure fédéral (union des associations médicales anthroposophiques de France), la société financière de la N.E.F. (nouvelle économie fraternelle) et la fédération des écoles Steiner en France ont fait citer devant le tribunal correctionnel de PARIS Jacques GUYARD pour y répondre du délit de diffamation publique envers un particulier; la citation vise expressément les trois passages mentionnés ci-dessus;


Le Monde, jeudi 23 mars 2000

Le député PS Jacques Guyard condamné pour avoir qualifié de secte le mouvement anthroposophe.

Les travaux de la commission d'enquête parlementaire ne constitueraient pas une " enquête sérieuse "

Pour avoir qualifié de " secte " , sur France 2, le mouvement anthroposophe, le président de la commission d'enquête parlementaire sur les sectes, Jacques Guyard, a été condamné, mardi 21 mars, à 20 000 francs d'amende et 90 000 francs de dommages-intérêts. Le tribunal de Paris a estimé que M. Guyard n'était " pas en mesure de justifier d'une enquête sérieuse " à l'appui de ses accusations.

IMPOSSIBILITE de " justifier d'une enquête sérieuse " , documents non " pertinents " ou n'ayant " aucune valeur probante ", " rapport ne présentant aucun caractère contradictoire "...

(...)

Question : " Sur quels critères cette communauté a-t-elle été classée sous le nom de secte ? "

 Réponse : " Elle est typique. Tous ces mouvements sont d'abord séduisants et puis il s'avère que leur objectif principal, c'est quand même ou de détourner de l'argent ou d'exercer un pouvoir absolu sur des personnes (...). Là, il y a endoctrinement tout à fait clair. " Et M. Guyard d'évoquer " un aspect médical inquiétant " sur la base de "témoignages précis de malade ".

La Fédération des écoles Steiner (17 en France, dont 2 sous contrat, 180 en Allemagne) n'a guère apprécié. (...)

"Je ne savais pas qu'on allait parler ce jour-là uniquement de l'anthroposophie " , s'est défendu Jacques Guyard pour tenter d'expliquer ses propos à la télévision. Le député a cependant maintenu l'appellation " secte " , sur la foi, notamment, d'un " blanc " des renseignements généraux. Puis a maintes fois fait référence au caractère " secret " du travail de la commission parlementaire, l'empêchant, selon lui, de divulguer ses sources. " Ça fait beaucoup de secret alors que tout le monde a intérêt à savoir comment cela se passe ! " , a fini par s'exclamer Martine Ract-Madoux, la présidente du tribunal.

(...) "Aucun des documents produits n'est pertinent au regard des accusations de manipulations mentales, pressions financières, détournements de fonds et pratiques médicales mettant en péril la vie des malades " , a ajouté le tribunal, qui a refusé au document des RG toute " valeur probante " . Rejetant le bénéfice, pour M. Guyard, de l'immunité parlementaire, pour lequel avait opté le substitut du procureur François Cordier, les juges ont estimé que le préjudice des parties civiles était " important (...) dès lors que les propos diffamatoires [avaient] été tenus par un député, président de [la] commission, dont l'autorité et la compétence n'ont pu être mises en doute par le public " .

(Source: http://www.waldorf.net/material/000323LeMonde.pdf)


En février 2001, le directeur du journal Le Figaro a été condamné pour diffamation par le tribunal correctionnel de Paris. Il a dû verser une amende de 15 000 F, 7 500 F au titre des frais et 1 F de dommages et intérêts. C'est le Mercure fédéral, la fédération des associations médicales anthroposophiques de France, qui a intenté la poursuite judiciaire pour dénoncer un article paru le 13 juin 2000 affirmant que « l'anthroposophie… aurait gagné son procès contre Jacques Guyard, président de la Commission parlementaire d'enquête sur les sectes et l'argent, grâce à l'appui de la scientologie ». (Wikipedia)


Le 6 septembre 2001, Jacques Guyard ayant fait appel du  jugement du TGI de Paris du 21 mars 2000 (P9926304537), les 3 parties civiles : Le Mercure Fédéral (Union des Associations Médicales Anthroposophiques de France), la Fédération des écoles Steiner en France, et la Société financière de la NEF "sont déboutées de leur demande" :

"Considérant que le rapport souligne en page 267, chiffes à l'appui, le poids financier du mouvement anthroposophique (c'est ainsi que son patrimoine immobilier est évalué à 33 millions de francs) et détaille son "réseau économique";

Considérant, enfin, que Jacques GUYARD a été convié à l'émission en sa qualité de président de la commission sur les sectes; qu'il s'est exprimé en tant que porte-parole d'un travail collectif ; qu'il ne pouvait y avoir sur ce point aucune ambiguïté dans l'esprit des téléspectateurs; que Jacques GUYARD s'est borné à reprendre des accusations figurant dans un rapport officiel; que ses propos ne dénaturent pas le contenu du rapport que ni les termes utilisés, ni le ton employé ne manifestent une quelconque animosité personnelle;

Considérant en conséquence que la bonne foi peut être reconnue au prévenu; que le jugement sera infirmé; que le prévenu sera mis hors de cause; que les parties civiles seront déboutées de leurs demande."

(Source: http://pro.hinckeravocat.com/AFFguyard_appel.htm)


Lire également : "Sectes, rumeurs et tribunaux"

et la lettre de Jack Lang, alors ministre de la Culture, aux écoles Steiner en 2001 

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