Guide Miviludes 2010 - une machiavélique volonté d'exclusion

CICNS - octobre 2010

La lutte contre les sectes française cristallise le pouvoir d’exclusion de notre société. Bien des sujets touchant des groupes de personnes sont polémiques et opposent les « pour » et les « contre ». Mais cet affrontement, qui se fait malheureusement en général sur un mode violent, est au moins la garantie d’un débat non uniforme. L’absence de polémique sur la question des sectes  représente a contrario le rejet à l’état brut qui ne s’embarrasse pas de débat contradictoire, ou alors sur le mode du simulacre pour se donner bonne conscience. 

La MIVILUDES a théorisé l’exclusion des minorités spirituelles. Le terme « secte », devenu abstrait dans le sens où il représente tout et n’importe quoi, a permis à la mission interministérielle de construire une rhétorique de discrédit qui semble ne plus craindre la controverse, non pas par la pertinence des éléments présentés mais par démission des différents acteurs sociaux (politiques, médiatiques, intellectuels). On peut véritablement exprimer, en France, ce que l’on veut, dans le registre négatif, diffamatoire, alarmiste sur les « sectes » ; personne n’y trouvera à redire et ne réalisera que derrière cette expression péjorative et les amalgames pratiqués, il y a (au minimum) 500 000 femmes et hommes discriminés de par leurs choix de vie, au travers d’un consensus obtenu par matraquage (nous reprenons l’estimation de la MIVILUDES du nombre de personnes appartenant à des communautés dites « sectaires »).  

La publication du dernier guide de la MIVILUDES La protection des mineurs contre les dérives sectaires est une nouvelle occasion de constater cette volonté d’exclusion d’une frange de la population, en reconnaissant à la mission un savoir faire machiavélique pour tirer les gens vers le bas. Depuis quelques années, le thème de l’enfance, ultrasensible, est utilisé sans vergogne afin de s’assurer une réaction émotionnelle du public et d’inhiber toute réflexion. Georges Fenech, président de la MIVILUDES, évalue, dans ce Guide, le nombre d’enfants victimes de dérives sectaires à 50-60 000 et présente ses spéculations comme un « drame national silencieux » (JDD). Comme nous l’avons illustré (voir notre communiqué), ces chiffres (Georges Fenech en a diffusé d’autres encore plus irréalistes) n’ont aucun fondement. Ces 50 000 enfants en danger n’existent pas, jusqu’à preuve du contraire. Le vrai drame national silencieux se trouve plutôt dans ce silence de la critique face à des allégations mensongères touchant 1 % de la population française. 

Examinons plus en détail cette « théorisation de l’exclusion », façon MIVILUDES, sur la base du dernier Guide délivré par la mission. 

L’emprise mentale 

Page 11 du Guide, les rapporteurs précisent que « le centre névralgique d’une dérive sectaire » est « l’emprise mentale ». L’emprise mentale est l’expression du moment, synonyme de « manipulation mentale », représentant, selon les protagonistes antisectes, l’essence de l’activité destructrice d’une secte. La manipulation mentale recouvre deux aspects, variables selon l’interlocuteur : la « perte de libre arbitre » pour la victime ou le « vice de son consentement ». Nous avons montré (voir notre dossier sur la manipulation mentale) que ces concepts ne font l'objet d'aucun consensus scientifique, sont dangereux socialement et ne devraient en aucun cas être utilisés dans le cadre de politiques publiques ou dans notre Code pénal. Les rapporteurs, conscients probablement du peu de sérieux de ces concepts anxiogènes dans un document officiel  (créer la peur est leur fonction et ils ne manqueront pas néanmoins de les utiliser méthodiquement à chacune de leur intervention médiatique), nous gratifient d’une description de « l'emprise sectaire (mentale) » sous la forme d’un processus en quatre étapes : « vulnérabilité, séduction, déconstruction, reconstruction ». Quelle valeur démonstrative peut-on accorder aux quatre croquis lapidaires fournis, sachant qu'aucune référence scientifique, et pour cause, n'est fournie dans la bibliographie ? Aucune.

On peut même déceler, derrière cette tentative dérisoire de vulgariser un concept (la manipulation mentale) que personne ne maîtrise, les véritables intentions des rapporteurs. Il est en effet concevable qu’un processus d’évolution personnelle puisse s’effectuer selon les quatre étapes mentionnées. Il suffit d'enlever la teneur péjorative et alarmiste de certains termes employés dans les descriptions fournies (comme par exemple dans l’étape « reconstruction » où il est fait mention de « servitude volontaire : l’adepte croit consentir librement à sa soumission »). Ces quatre phases, vues de manière constructive, pourraient être libellées ainsi : 1°) Doute/insatisfaction vis-à-vis d'une idée ou plus généralement d’une vision du monde, 2°) attirance vers une autre façon d’envisager les choses, 3°) déconstruction des références utilisées jusque-là, 4°) adoption de nouvelles références. Ces quatre étapes, ainsi décrites, n’ont rien de « sectaires », elles constituent au contraire un chemin possible de progrès. « Progrès » qui, dans le cas d’un adepte, pourrait d’ailleurs soit conduire à une confirmation de son engagement dans le mouvement, soit au contraire le décider à quitter ce dernier. Si les rapporteurs ont volontairement dévalorisé la description du processus, ce n’est pas parce que l'enchainement des étapes est en lui-même porteur de dérive mais parce qu’ils prononcent, sans le dire, un jugement moral sur des visions du monde qui les dérangent. L’esprit de ce Guide est de suggérer l’idée qu’un engagement dans une minorité spirituelle ne peut conduire qu’à une aliénation.  

Il est compréhensible qu’une société démocratique protège son modèle et ses valeurs majoritaires mais la critique des expériences alternatives doit être sensée. Le concept d’emprise mentale (manipulation mentale), présenté comme une technique d’asservissement généralisée propre aux « sectes » alors que notre modèle de société utilise toutes sortes de manipulations à grande échelle, est une mystification. La diabolisation « laïque » à laquelle se livre régulièrement la MIVILUDES avec ce type de discours n’est pas moindre que la diabolisation religieuse utilisée dans certains groupes (et qu’on leur reproche). Elle est de plus hypocrite car maquillée derrière un prétendu attachement de façade à la liberté de conscience et au respect des choix de vie alternatifs.  

Présenté sous l’angle de la soumission, la situation est synthétisée par le sociologue Arnaud Esquerré lorsqu’il dit : « Un sujet « libre » est celui qui a les bonnes soumissions, soumissions reconnues par l’Etat, du point de vue de celui pour lequel l'Etat est légitime. Pour un autre point de vue, qui considère que l'Etat prive de liberté, l’être libre est celui sans Etat » (La manipulation mentale, Fayard). La sociologue Nathalie Luca en l'exprimant un peu différemment, permet également de décrire l’ostracisme dont sont victimes les minorités spirituelles : « Les sectes interrogent la capacité de l’Etat à supporter que l’adhésion à une communauté religieuse, quelle qu'elle soit, puisse hypothéquer l'appartenance à la communauté citoyenne, amener le converti à nier le besoin qu'il a d'elle, à la considérer facultative, ou à remettre en cause son utilité et son rôle protecteur » (Individus et pouvoirs face aux sectes, Armand Colin). 

Qu’est-ce qu’une dérive sectaire ? 

Page 15 du Guide, les rapporteurs précisent : « Fidèle au principe de laïcité, le législateur ne définit pas les notions de secte et de dérives sectaires (…) La notion de « dérive sectaire » peut néanmoins servir de concept opératoire afin de regrouper et de rendre intelligibles des indices ou des informations préoccupantes qui, sans cela, se présenteraient de manière disparate ou non significative ». 

Tout l’effort de la MIVILUDES consiste à essayer de prouver, de façon réductrice, que la nature humaine aurait deux faces : une se déployant « hors des sectes » et l’autre, que l’on ne connaissait pas avant que la France antisectes ne s’attèle au problème, se déployant « dans les sectes ». 

Les membres de la mission interministérielle, ayant compris à grand peine que dans un Etat de droit le trouble à l'ordre public, même pour les « sectes », s'évalue au moyen de décisions de justice - Justice qui, eux-mêmes le rappellent, n’a pas besoin des notions de « secte » ou de « dérive sectaire » - veulent néanmoins imposer une compréhension de type « sectaire » aux juges, en définissant, dans le contexte d’une infraction avérée, ce qu’est la « dérive sectaire ». Voici leur définition : « La dérive sectaire se caractérise par la mise en œuvre de pressions ou de techniques ayant pour but ou pour effet de créer, de maintenir ou d’exploiter chez une personne un état de sujétion psychologique ou physique, à l'origine de dommages pour cette personne ou pour la société ».  

Ainsi, un pédophile dans une famille lambda sera un être pervers ou malade selon les cas ; si par hasard il est membre d'une minorité spirituelle, il aura pratiqué la « sujétion psychologique » (à ce titre, personne n’a évoqué une  « manipulation mentale » des prêtres pédophiles envers leurs victimes, pourquoi ?). Autre exemple, un suicide dans une entreprise du CAC40 avec lettre explicative à l’appui, garde son mystère et sera pudiquement labellisé « accident du travail ». Le suicide d’un membre de « secte » (même commis en dehors du mouvement) n’aura plus aucun mystère : c’est la manipulation mentale.  Les magistrats auront-ils mieux compris l’acte pédophile, l’acte suicidaire (donnés à titre d’exemples et qui pourraient être étendus) et les ressorts de l’âme humaine grâce à cette définition de la dérive sectaire ? Non. 

Qu’est-ce que la notion de « sujétion psychologique » ? C’est le synonyme juridique, non défini, de la « manipulation mentale », utilisé notamment dans la loi antisectes About-Picard. La définition de la dérive sectaire donnée ci-dessus est d’ailleurs étrangement similaire au délit « d’abus de faiblesse » défini dans cette même loi. La MIVILUDES essaie donc de faire passer l’idée, dans le processus juridique, qu’un délit commis dans une « secte » s’accompagne toujours d’une circonstance aggravante : la « manipulation mentale », notion dont nous avons illustré qu’elle devrait impérativement être écartée. Les magistrats ont jusqu’à présent refusé d’appliquer la loi About-Picard (sauf pour une seule jurisprudence dans l’affaire du Néophare) mais Georges Fenech ne recule devant aucune pression pour encourager son utilisation, notamment en proposant ce type de définition de la dérive sectaire. 

Comme les condamnations pénales au sein des « sectes » sont extrêmement rares, le gros de l’effort de la MIVILUDES, consiste à encourager une politique dite de prévention (page 16 du Guide). Lorsqu’un délit n’est pas avéré, les rapporteurs proposent donc une liste de critères de dérives sectaires spécifiques à l’enfance : « Isolement et désocialisation, atteintes physiques, régime alimentaire carencé, rupture du suivi thérapeutique et privation de soins conventionnels, déscolarisation, changement important du comportement de l’enfant, embrigadement, discours stéréotypé ou absence d’expression autonome ». De même que pour les critères de dérives sectaires concernant le monde adulte (source), dont nous avons montré la non pertinence en les appliquant « avec succès » à des entités aussi différentes que le système financier mondial, la Franc-maçonnerie, France-Télécom, les critères fournis ci-dessus sont inutiles et discriminatoires parce qu’ils s’appliquent potentiellement à n’importe quel contexte (les notions de « secte » ou de « dérive sectaire » étant hors sujet), parce qu’ils sont flous et ne sont que des artifices pour faciliter la stigmatisation de groupes particuliers (ceux qui sont classés arbitrairement comme « sectes »), parce qu’ils suggèrent fortement une délinquance potentielle en dehors de toute réalité juridique, parce qu’ils n’ont aucune valeur juridique mais pèsent de tout leur poids anxiogène dans la qualification juridique de délits éventuellement commis.  

Si l’on s’en tient aux définitions proposées, en leur accordant une valeur fictive le temps de l’exercice, la « secte » française la plus nombreuse est probablement la famille française. Qu'attend la MIVILUDES pour prendre en charge l’ensemble de la question familiale et déclarer notre pays sinistré puisque le nombre de délits/crimes et le lieu où ces délits ont le plus de chance de survenir, avec la qualification sectaire qu’elle utilise, est la famille ?  

Repérer la dérive sectaire  

Page 27 du Guide, les rapporteurs introduisent les indices permettant de détecter une dérive sectaire comme suit : « Ces indices sont des indicateurs de risque et permettent donc de mettre en relief des éléments susceptibles d’indiquer un contexte favorable à l’émergence d’une dérive sectaire ».  

Analysons les éléments de cette phrase. 

« Ces indices » : donc pas des preuves, juste des éléments indirects ; « indicateurs » : donc pas la chose elle-même, juste un pointeur vers ; « risque » : donc une éventualité, pas un fait ; « mettre en relief » : donc pas une vision complètement circonscrite ; « des éléments » : « des », donc un ensemble non défini précisément ; « susceptibles » : donc incertains ; « d’indiquer » : donc juste suggérer ; « un contexte » : donc un ensemble non détaillé aux contours généraux ; « favorable » : donc juste une potentialité ; « émergence » : donc à l’état embryonnaire, minoritaire, voire inexistant dans la plupart des cas ; « dérive sectaire » : voir section précédente. 

Le Guide de la MIVILUDES peut se résumer ainsi : « accusez vos voisins de dérives sectaires, si vous ne savez pas pourquoi, eux le savent et, en tout état de cause, les officines antisectes sauront qualifier la dérive sectaire ». 

Bien entendu, les rapporteurs répondraient sûrement que ces précautions oratoires sont justement là pour éviter toute stigmatisation hâtive. C’est sans doute pour cette raison que cette introduction est immédiatement suivie par la démonstration de leur mépris pour les choix de vie de centaines de milliers de citoyens, qu’ils comparent, comme l'avait fait Jean-Marie Bocquel, secrétaire d'Etat à la justice, à des maladies (le secrétaire d’Etat avait utilisé le terme de « virus mutants ») : « Tout comme il y a des maladies dites « opportunistes » qui n’apparaissent que sur un terrain favorable et pathogène mais pas nécessairement pathologique, les dérives sectaires peuvent être, pour une part, prévenues en tenant compte du contexte qui rend possible leur émergence ». 

Suivent un ensemble de recommandations et conseils à destination des différents acteurs sociaux, pour détecter la dérive sectaire. À nouveau, ces recommandations peuvent s’appliquer à n’importe quels contextes et situations mais entretenir l’illusion qu’un « contexte sectaire » joue un rôle particulier permet de choisir ces cibles. 

Exemple typique : page 44 du Guide, les rapporteurs évaluent les risques sectaires dans un contexte où les parents sont des adeptes de « sectes » : « risque de délaissement et d’abandon matériel ou moral du mineur, risque de violences sous des prétextes éducatifs, insuffisance des conditions de vie nécessaires au bien-être et au développement de l’enfant, atteintes au droit de visite des ascendants, notamment les grands-parents ». Ces risques sont-ils plus importants dans un contexte dit « sectaire » (donc actuellement : minorités spirituelles, thérapeutiques, éducatives) que dans un contexte ne souffrant pas de ce qualificatif ? Rien ne permet de l’affirmer et aucune preuve n’est fournie. Dans ces conditions, le contexte « sectaire » pointé du doigt par les rapporteurs est hors sujet. 

Après cette longue liste de « questions tests » pour « aider » les acteurs sociaux à définir la « dérive sectaire » d’une situation, la fin du Guide : « Signaler et agir », présente tous les signes d’un encouragement à la délation visant les mouvements dits sectaires (voir notre premier compte rendu sur le Guide de la MIVILUDES). 

Redevenons sérieux et lucides  

« N’y a-t-il vraiment aucune réflexion utile dans le Guide de la MIVILUDES ? », seraient tentés de nous rétorquer des observateurs plus distants de cette question de société ? Notre réponse est négative car un document s’appuyant sur des annonces mensongères et fracassantes pour s’imposer (50 000 enfants victimes de dérives sectaires, quand ce n’est pas 80 000), jouant systématiquement sur le registre de l’émotionnel, ne présentant aucun travail de recherche sérieux pour étayer ses dires et s’inscrivant dans une politique du soupçon a priori et d’amalgame ne mérite aucun crédit.   

Georges Fenech, magistrat, nous apprend que ce Guide a été coordonné par Amélie Cladières, magistrate (qui vient de quitter la MIVILUDES). L’idéal serait que les magistrats de la mission, normalement familiarisés à la précision juridique,  ne s’essaient pas à définir des concepts élusifs et discriminatoires comme la « dérive sectaire » ou pseudo scientifiques comme la manipulation (emprise) mentale. Comprendre les ressorts de l’engagement spirituel moderne, qu’il soit exercé en dilettante ou avec dévouement, demande bien plus d’ouverture d’esprit que ne le propose le cadre étriqué et partial de la MIVILUDES secondée par des associations antisectes. Et s’agissant de l’enfance, la façon dont toutes les expériences éducatives alternatives sont désormais suspectées nous renvoie à la faillite du système éducatif républicain à pouvoir réellement développer la personne humaine. Ce système, s’il peut évoluer, ce dont on peut douter, ne pourra certainement pas se passer d’idées nouvelles comme celles tentées dans ces minorités. 

Quelle est la situation des enfants dans les groupes qualifiés de « sectes » ? Personne ne le sait vraiment mais s’agit-il alors d’un paradoxe ou d’une manipulation de grande envergure pour rester dans l’ignorance ? Toutes les données disponibles aujourd'hui (notamment fournies lors de la dernière commission d’enquête sur le sujet ou par exemple dans des réponses du gouvernement aux députés passant inaperçues) portent à conclure que les problèmes sont rares et il faudrait du reste impérativement comparer le type et le nombre de ces problèmes avec ce qui ce passe « hors des sectes », on s’apercevrait alors peut-être que les problèmes y sont plus nombreux. 

Si une véritable enquête était menée (et pourquoi ne pas la mener pour peu qu’elle soit conduite de façon objective, indépendante et avec une compétence reconnue), la politique antisectes française s’effondrerait. C’est la raison pour laquelle la MIVILUDES, dont l’action s’est durcie considérablement ces derniers temps pour la faire ressembler à celle de la MILS, s’est séparée des instituts universitaires et des laboratoires de recherche car, si ceux-ci étaient véritablement impliqués, il deviendrait impossible au président de la MIVILUDES de répéter sur toutes les ondes des chiffres de victimes aussi extravagants et mensongers.  

La voie empruntée par la MIVILUDES est une impasse. De même que la MILS fut remplacée après avoir été jugée « hors des clous », il faudra tôt ou tard remplacer la MIVILUDES. Le CICNS propose la création d’un Observatoire indépendant des minorités spirituelles, thérapeutiques et éducatives.  

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